Psaume 103 — Commentaire de Charles Spurgeon
Exposition, signification et méditations du Trésor de David
Résumé
TITRE.---Psaume de David.---Il est sans aucun doute de David ; on y reconnaît son style dans ce qu’il a de meilleur. Nous devons probablement l’attribuer aux dernières années de sa vie, alors que, sentant plus vivement le poids du péché que dans sa jeunesse, il comprenait mieux combien le pardon est précieux. La conscience aiguë qu’il a de la fragilité de la vie indique également ses années de faiblesse, tout comme la plénitude même de sa reconnaissance et de ses louanges. De même que, dans les hautes Alpes, certains sommets s’élèvent au-dessus de tous les autres, ainsi, parmi les Psaumes eux-mêmes, pourtant tous inspirés, certains chants atteignent des hauteurs qui dominent le reste. Ce Psaume cent troisième nous a toujours paru être le mont Rose de la chaîne divine des montagnes de la louange, resplendissant d’une lumière plus vermeille que tous les autres. Il est comme le pommier parmi les arbres de la forêt, et son fruit d’or possède une saveur qu’aucun fruit ne peut avoir s’il n’a mûri sous le plein soleil de la miséricorde. Il est la réponse de l’homme aux bénédictions de son Dieu, son Cantique sur la montagne répondant au Sermon sur la montagne de son Rédempteur. Nebucadnetsar adora son idole au son de la flûte, de la harpe, de la saqueboute, du psaltérion, du tympanon et de toutes sortes d’instruments ; David, d’une manière infiniment plus noble, éveille toutes les mélodies du ciel et de la terre en l’honneur du seul Dieu vivant et véritable. Nous entreprenons cette exposition avec le sentiment profond qu’il est absolument impossible de rendre justice à une composition si sublime. Nous appelons notre âme et tout ce qui est au-dedans de nous à nous assister dans cette tâche délicieuse ; mais, hélas ! notre âme est limitée, et toutes nos facultés intellectuelles sont bien trop faibles pour une telle entreprise. Le Psaume contient plus que mille plumes ne pourraient écrire ; il est de ces passages de l’Écriture qui embrassent tout, une Bible à lui seul, et il pourrait presque suffire, à lui seul, comme recueil de cantiques pour l’Église.
DIVISIONS.---Le psalmiste chante d’abord les grâces personnelles qu’il a lui-même reçues, Ps 103.1-5 ; puis il exalte les attributs de l’Éternel tels qu’ils se manifestent dans ses rapports avec son peuple, Ps 103.6-19 ; enfin, il conclut (Ps 103.20-22) en appelant toutes les créatures de l’univers à adorer le Seigneur et à s’unir à lui pour bénir l’Éternel, dont la grâce demeure à jamais.
Exposition
Verset 1. « Mon âme, bénis l’Éternel ! » La musique de l’âme est l’âme même de la musique. Le psalmiste donne la meilleure note dès le commencement, lorsqu’il éveille son être le plus intime afin d’exalter le Seigneur. Il se parle à lui-même, entre en communion avec son propre cœur et s’exhorte, comme s’il sentait que l’engourdissement ne tarderait que trop à gagner ses facultés ; et il en sera effectivement ainsi pour nous tous, si nous ne veillons pas avec soin. L’Éternel est digne que nous le louions par cette forme suprême d’adoration qu’exprime le mot bénir : « Toutes tes œuvres te louent, ô Dieu, et tes fidèles te béniront. » Notre vie même, le fond de notre être, devrait être entièrement absorbé par ce service délicieux, et chacun de nous devrait y éveiller son propre cœur. Que les autres s’en abstiennent, s’ils le peuvent : « Mon âme, bénis l’Éternel ! » Que les autres murmurent, mais toi, bénis. Que les autres se bénissent eux-mêmes et bénissent leurs idoles, mais toi, bénis l’Éternel. Que les autres n’emploient que leur langue ; pour moi, je m’écrierai : « Mon âme, bénis l’Éternel ! » « Que tout ce qui est en moi bénisse son saint nom ! » Nos facultés, nos émotions et nos capacités sont nombreuses ; mais Dieu nous les a toutes données, et toutes doivent unir leurs voix pour le louer. Des louanges tièdes, mal conçues et dépourvues d’intelligence ne sont pas celles que nous devons offrir à notre Seigneur plein d’amour. Si la loi de la justice exigeait que nous aimions le Créateur de tout notre cœur, de toute notre âme et de toute notre pensée, à plus forte raison la loi de la reconnaissance peut-elle réclamer l’hommage de tout notre être au Dieu de grâce. Il est instructif de remarquer combien le psalmiste insiste sur le nom saint de Dieu, comme si sa sainteté lui était ce qu’il avait de plus cher ; ou peut-être parce que la sainteté, c’est-à-dire la perfection entière de Dieu, constituait à ses yeux le plus puissant motif de lui offrir l’hommage de sa propre nature tout entière. Les petits enfants peuvent louer la bonté divine, mais les pères dans la grâce exaltent sa sainteté. Par le nom, nous entendons le caractère révélé de Dieu ; assurément, les chants que nous suggère non pas notre raisonnement faillible ni notre observation imparfaite, mais l’inspiration infaillible, devraient, plus que tous les autres, éveiller toutes nos facultés consacrées.
Verset 2. « Mon âme, bénis l’Éternel ! » Il parle avec le plus grand sérieux et s’appelle une nouvelle fois à se lever. Était-il auparavant profondément assoupi ? Ou bien avait-il maintenant une conscience deux fois plus vive de l’importance et de l’impérieuse nécessité de l’adoration ? Il est certain qu’il ne se livre pas à de vaines répétitions, car le Saint-Esprit guide sa plume. Il nous montre ainsi que, lorsque nous nous apprêtons à adorer Dieu, nous avons besoin, encore et encore, de nous secouer nous-mêmes ; car il serait honteux de lui offrir moins que le maximum dont nos âmes sont capables. Ces premiers versets sont comme l’accord d’une harpe : on retend les cordes relâchées afin qu’aucune note ne manque à la sainte harmonie. « N’oublie aucun de ses bienfaits ! » Nous ne devons oublier aucune des interventions divines : elles nous sont toutes véritablement bénéfiques, elles sont toutes dignes de Dieu et toutes méritent d’être louées. Notre mémoire est fort trompeuse lorsqu’il s’agit des meilleures choses. Par une étrange perversité engendrée par la chute, elle entasse les rebuts du passé et laisse dans l’abandon des trésors inestimables ; elle s’accroche avec ténacité aux sujets de plainte, mais ne retient que trop faiblement les bienfaits. Il faut l’aiguillonner pour qu’elle accomplisse son devoir, alors même que ce devoir devrait faire ses délices. Remarquez que le psalmiste appelle tout ce qui est au-dedans de lui à se souvenir de tous les bienfaits du Seigneur. Nos forces doivent être mobilisées à la mesure de notre tâche. Pour louer le tout de Dieu, rien de moins que notre tout ne saurait suffire.
Lecteur, n’avons-nous pas, en cet instant même, assez de raisons de bénir celui qui nous bénit ? Allons, relisons nos journaux personnels et voyons si nous n’y trouvons pas consignées des faveurs de choix auxquelles nous n’avons répondu par aucune reconnaissance. Souvenez-vous que le roi de Perse, ne pouvant dormir, se fit lire les chroniques de l’empire et découvrit qu’un homme qui lui avait sauvé la vie n’avait jamais été récompensé. Avec quelle promptitude lui rendit-il honneur ! Le Seigneur nous a sauvés par un si grand salut : ne lui offrirons-nous rien en retour ? Le nom d’ingrat est l’un des plus honteux qu’un homme puisse porter ; assurément, nous ne pouvons nous résigner à courir le risque d’une telle flétrissure. Réveillons-nous donc et bénissons l’Éternel avec un ardent enthousiasme.
Verset 3. « C’est lui qui pardonne toutes tes iniquités. » David commence ici l’énumération des bénédictions qu’il a reçues ; il les rappelle comme autant de thèmes et d’arguments en faveur de la louange. Il choisit quelques-unes des perles les plus précieuses dans l’écrin de l’amour divin, les enfile sur le fil de la mémoire et les suspend au cou de la reconnaissance. Dans notre expérience, le péché pardonné est l’un des dons les plus précieux de la grâce, l’un des premiers présents de la miséricorde ; il est même la préparation indispensable à la jouissance de tout ce qui vient ensuite. Tant que l’iniquité n’est pas pardonnée, la guérison, la rédemption et le rassasiement demeurent des bénédictions inconnues. Le pardon vient en premier dans l’ordre de notre expérience spirituelle et, sous certains rapports, il occupe aussi la première place par sa valeur. Le pardon accordé est présent : Dieu pardonne ; il est continuel, car il pardonne encore ; il est divin, car Dieu le donne ; il s’étend au loin, car il efface tous nos péchés ; il comprend aussi bien les fautes par omission que les fautes commises, car les unes et les autres sont des in-équités, des écarts par rapport à l’équité ; enfin, il est parfaitement efficace, car il est aussi réel que la guérison et que les autres grâces auprès desquelles il est placé. « C’est lui qui guérit toutes tes maladies. » Quand la cause, c’est-à-dire l’iniquité, disparaît, l’effet cesse également. Les maladies du corps et de l’âme sont entrées dans le monde par le péché ; à mesure que le péché sera extirpé, les maladies physiques, mentales et spirituelles disparaîtront, jusqu’à ce que « l’habitant ne dise plus : Je suis malade ». Le caractère de notre Père céleste présente de multiples aspects : après avoir pardonné comme juge, il guérit comme médecin. Il est tout pour nous, selon que nos besoins le réclament, et nos infirmités ne font que nous le révéler sous des caractères nouveaux.
En lui, rien que le bien ;
En moi, rien que le mal ;
Mon mal ne fait que révéler sa bonté,
Et pourtant il m’aime encore.
Dieu donne aux remèdes leur efficacité sur le corps, et sa grâce sanctifie l’âme. Spirituellement, nous sommes chaque jour sous ses soins, et il nous visite comme le chirurgien visite son patient ; il guérit encore — tel est exactement le mot — chaque maladie à mesure qu’elle se déclare. Aucune maladie de notre âme ne met son habileté en échec : il poursuit la guérison de toutes, et il continuera jusqu’à ce que la dernière trace de souillure ait disparu de notre nature. Les deux emplois de toutes dans ce verset constituent une raison supplémentaire pour que tout ce qui est au-dedans de nous loue le Seigneur.
Le psalmiste jouissait personnellement des deux bénédictions mentionnées dans ce verset. Il ne chantait pas ce qui concernait les autres, mais ce qui le concernait lui-même — ou plutôt il chantait son Seigneur, qui, chaque jour, lui pardonnait et le guérissait. Il devait savoir qu’il en était ainsi, sans quoi il n’aurait pu le chanter. Il n’en doutait nullement ; il sentait dans son âme que telle était bien la réalité. C’est pourquoi il ordonnait à son âme pardonnée et restaurée de bénir le Seigneur de toutes ses forces.
Verset 4. « C’est lui qui délivre ta vie de la fosse. » Par le prix qu’il a payé et par sa puissance, le Seigneur nous délivre de la mort spirituelle dans laquelle nous étions tombés, ainsi que de la mort éternelle qui en aurait été la conséquence. Si la condamnation à mort prononcée contre le péché n’avait pas été levée, notre pardon et notre guérison n’auraient été que des parties incomplètes du salut, de simples fragments de peu de valeur ; mais à l’abolition de la culpabilité et de la puissance du péché convient justement l’annulation de la sentence de mort qui avait été prononcée contre nous. Gloire à notre grand Substitut, qui nous a empêchés de descendre dans la fosse en se donnant lui-même comme rançon pour nous. La rédemption formera toujours l’une des plus douces notes du chant reconnaissant du croyant. « C’est lui qui te couronne de bonté et de tendresse. » Notre Seigneur ne fait rien à moitié ; il ne retire pas sa main avant d’être allé jusqu’au bout en faveur de son peuple. La purification, la guérison et la rédemption ne lui suffisent pas : il faut encore qu’il fasse des siens des rois et qu’il les couronne. Et leur couronne doit être infiniment plus précieuse que si elle était faite de choses corruptibles comme l’argent et l’or : elle est sertie des joyaux de la grâce et doublée du velours de la bonté ; elle est ornée des pierres précieuses de la miséricorde, mais rendue douce à porter par une doublure de tendresse. Qui est semblable à toi, ô Seigneur ! Dieu lui-même couronne les princes de sa famille, car leurs biens les plus précieux viennent directement et manifestement de lui. Ils ne gagnent pas cette couronne, car elle procède de la miséricorde et non du mérite ; ils sentent combien ils en sont indignes, c’est pourquoi il les traite avec tendresse. Mais il est résolu à les bénir ; aussi ne cesse-t-il de les couronner, entourant toujours leur front de diadèmes de miséricorde et de compassion. Il couronne toujours l’édifice qu’il commence, et là où il accorde le pardon, il accorde aussi son accueil favorable. « Parce que tu as du prix à mes yeux, parce que tu es honoré et que je t’aime. » Notre péché nous avait dépouillés de tous nos honneurs ; un acte de proscription avait été lancé contre nous comme contre des traîtres. Mais celui qui a levé la sentence de mort en nous délivrant de la fosse nous rend bien plus que tous nos honneurs d’autrefois en nous couronnant de nouveau. Dieu nous couronnera-t-il sans que nous le couronnions à notre tour ? Debout, mon âme ! Jette ta couronne à ses pieds et, dans la plus profonde révérence, adore celui qui t’a si hautement élevée, te retirant du fumier pour te faire asseoir parmi les princes.
Verset 5. « C’est lui qui rassasie de biens ta bouche », ou plutôt : « qui comble ton âme de biens ». Nul homme n’est jamais pleinement rassasié, si ce n’est le croyant ; et Dieu seul peut rassasier même celui-ci. Bien des gens de ce monde sont repus, mais aucun n’est satisfait. Dieu rassasie l’âme même de l’homme, sa partie la plus noble, sa parure et sa gloire ; par conséquent, il rassasie aussi sa bouche, si affamée et avide qu’elle puisse être autrement. Une âme rassasiée réclame à grands cris une louange qui jaillisse de l’âme ; et lorsque la bouche est remplie de biens, elle est tenue de dire du bien de celui qui l’a remplie. Notre bon Seigneur accorde des biens véritablement bons, et non de vains jouets ni des plaisirs frivoles ; et il les donne continuellement, si bien que, d’instant en instant, il rassasie notre âme de biens. Ne continuerons-nous donc pas à le louer ? Si nous ne cessons de le bénir que lorsqu’il cessera de nous bénir, notre occupation sera éternelle. « Ta jeunesse est renouvelée comme celle de l’aigle. » Le psalmiste reçut un renouvellement de forces équivalant à un nouveau bail de vie ; il fut si bien rétabli dans son état premier qu’il retrouva sa jeunesse et parut aussi vigoureux que l’aigle, dont l’œil peut fixer le soleil et dont l’aile peut s’élever au-dessus de la tempête. Notre version fait allusion à la mue annuelle de l’aigle, après laquelle il paraît frais et jeune ; mais le texte original ne semble évoquer aucun fait de ce genre tiré de l’histoire naturelle. Il décrit simplement le malade comme ayant été si bien guéri et fortifié qu’il devint aussi plein d’énergie que l’oiseau le plus puissant de toute la gent ailée, le plus intrépide, le plus majestueux et celui qui s’élève le plus haut. Celui qui, dans le psaume précédent, restait abattu en compagnie de la chouette vole ici dans les hauteurs avec l’aigle. Le Seigneur opère en nous de merveilleux changements, et de telles expériences nous apprennent à bénir son saint nom. Passer du moineau à l’aigle, quitter le désert du pélican pour s’élever parmi les étoiles : voilà de quoi faire crier à tout homme : « Mon âme, bénis le Seigneur ! »
Ainsi s’achève la chaîne sans fin de la grâce. Nos péchés sont pardonnés, leur puissance est maîtrisée et leur châtiment détourné ; puis nous sommes honorés, comblés, et notre nature même est renouvelée, jusqu’à ce que nous devenions comme des enfants nouveau-nés dans la maison de Dieu. Ô Seigneur, nous devons te bénir, et nous le ferons ! Puisque tu ne nous refuses rien, nous ne voudrions soustraire à ta louange aucune des facultés de notre être ; mais de tout notre cœur, de toute notre âme et de toute notre force, nous louerons ton saint nom.
Verset 6. « Le SEIGNEUR fait justice et droit à tous les opprimés. » Nos obligations personnelles ne doivent pas absorber tout notre chant ; nous devons aussi exalter le Seigneur pour la bonté qu’il témoigne aux autres. Il n’abandonne pas les pauvres et les indigents pour qu’ils périssent aux mains de leurs ennemis, mais il intervient en leur faveur, car il est le défenseur des pauvres et l’exécuteur des cruels. Lorsque son peuple était en Égypte, il entendit ses gémissements et l’en fit sortir ; mais il renversa Pharaon dans la mer Rouge. L’injustice des hommes recevra sa rétribution de la main de Dieu. La miséricorde envers ses saints exige la vengeance contre leurs persécuteurs, et il la leur rendra. Le sang d’aucun martyr ne sera versé en vain ; aucun gémissement des confesseurs de la foi emprisonnés ne restera sans qu’une enquête soit menée à son sujet. Tous les torts seront réparés, tous les opprimés seront vengés. La justice peut parfois déserter les tribunaux humains, mais elle demeure sur le tribunal de Dieu. Toute personne au jugement droit bénira Dieu pour cela. S’il se désintéressait du bien de ses créatures, s’il négligeait l’administration de la justice, s’il laissait finalement échapper les oppresseurs insolents, nous aurions bien plus de raisons de trembler que de nous réjouir. Mais il n’en est pas ainsi : notre Dieu est un Dieu de justice, et c’est par lui que les actions sont pesées. Il donnera à l’orgueilleux la part qui lui revient et fera mordre la poussière au tyran. Oui, souvent même, il châtie dès cette vie le persécuteur hautain, de sorte que « le Seigneur se fait connaître par les jugements qu’il exerce ».
Verset 7. « Il a fait connaître ses voies à Moïse. » Moïse reçut de voir la manière dont le Seigneur agit envers les hommes ; il la contempla au cours de chacune des trois périodes de sa vie : à la cour, dans la solitude, puis à la tête des tribus d’Israël. Le Seigneur lui accorda des manifestations particulièrement claires de ses dispensations et de sa manière de gouverner les hommes. Il lui permit de voir davantage de Dieu qu’aucun mortel n’en avait jamais vu auparavant, lorsqu’il s’entretenait avec lui sur la montagne. « Ses hauts faits aux enfants d’Israël. » Ils virent moins que Moïse, car ils contemplèrent les actes de Dieu sans comprendre sa manière d’agir ; pourtant, c’était déjà beaucoup, énormément même, et ils auraient pu en voir davantage s’ils n’avaient pas été si rebelles. La limite ne se trouvait pas dans la révélation, mais dans la dureté de leur cœur. C’est un grand acte de grâce souveraine et d’amour condescendant que le Seigneur se révèle à un peuple ; celui-ci devrait apprécier la faveur exceptionnelle qui lui est ainsi accordée. Nous qui croyons en Jésus, nous connaissons les voies de la grâce de l’alliance du Seigneur, et l’expérience nous a donné de voir ses actes de miséricorde envers nous. Avec quelle ferveur devrions-nous louer notre divin Maître, le Saint-Esprit, qui nous a fait connaître ces choses ! Sans lui, nous serions demeurés jusqu’à ce jour dans les ténèbres. « Seigneur, d’où vient que tu te feras connaître à nous, et non au monde ? » Pourquoi as-tu fait de nous « ceux de l’élection qui l’ont obtenu », tandis que les autres ont été aveuglés ?
Remarquez combien la personne de Dieu occupe une place prééminente dans tout cet enseignement de grâce : « Il a fait connaître. » Il n’a pas laissé Moïse découvrir la vérité par lui-même, mais il s’est fait son instructeur. Que saurions-nous jamais s’il ne nous le faisait connaître ? Dieu seul peut se révéler lui-même. Si Moïse avait besoin que le Seigneur lui donne la connaissance, combien plus en avons-nous besoin, nous qui sommes tellement inférieurs au grand législateur !
Verset 8. « Le SEIGNEUR est compatissant et miséricordieux. » Ceux envers qui il agit sont des pécheurs. Quelque faveur qu’il leur accorde, ils sont coupables et ont besoin de sa miséricorde ; pourtant, il ne tarde pas à compatir à leur état de perdition et ne se montre pas réticent à les en retirer par sa grâce. La miséricorde pardonne le péché ; la grâce accorde la faveur : le Seigneur abonde en l’une comme en l’autre. Telle est la voie qu’il fit connaître à Moïse (Ex 34.6), et il y demeurera aussi longtemps que durera le temps de la grâce et que les hommes seront encore dans cette vie. Celui qui « fait justice et droit » prend néanmoins plaisir à la miséricorde. « Lent à la colère. » Il peut se mettre en colère et faire tomber une juste indignation sur les coupables, mais c’est là son œuvre étrange. Il attend longtemps, faisant des pauses pleines d’amour et s’attardant en chemin pour laisser place à la repentance et donner l’occasion d’accepter sa miséricorde. Il agit ainsi envers les plus grands pécheurs, et bien davantage encore envers ses propres enfants. À leur égard, sa colère est de courte durée et ne s’étend jamais jusque dans l’éternité ; et lorsqu’elle se manifeste par des châtiments paternels, il n’afflige pas volontiers et ne tarde pas à prendre leurs douleurs en pitié. Nous devrions apprendre de cela à être nous-mêmes lents à la colère. Si le Seigneur supporte patiemment nos grandes provocations, combien plus devons-nous supporter les fautes de nos frères ! « Et riche en miséricorde. » Il en est riche, prompt à l’exercer et débordant ; il fallait bien qu’il en soit ainsi, sans quoi nous aurions bientôt été consumés. Il est Dieu et non pas homme, autrement nos péchés auraient vite submergé son amour ; pourtant, au-dessus des montagnes de nos péchés s’élèvent les flots de sa miséricorde.
Une grâce abondante se trouve auprès de toi,
Une grâce qui couvre tout mon péché ;
Que les flots guérisseurs se répandent à profusion,
Purifie-moi et garde-moi pur au-dedans.
Le monde entier goûte à sa miséricorde qui épargne ; ceux qui entendent l’Évangile ont part à sa miséricorde qui invite ; les saints vivent par sa miséricorde qui sauve, sont gardés par sa miséricorde qui soutient, réjouis par sa miséricorde qui console, et entreront au ciel par sa miséricorde infinie et éternelle. Que la grâce surabondante soit, à toute heure, notre chant dans la demeure de notre pèlerinage. Que ceux qui sentent qu’ils vivent d’elle glorifient la source abondante d’où elle jaillit si spontanément.
Verset 9. « Il ne conteste pas sans cesse. » Il le fait parfois, car il ne peut souffrir que son peuple abrite le péché dans son cœur ; mais il ne le châtiera pas éternellement. Dès que les siens reviennent à lui et abandonnent leurs mauvaises voies, il met fin au différend. Il pourrait toujours trouver quelque motif de contester avec nous, car il y a constamment en nous quelque chose qui s’oppose à sa sainte volonté ; mais il se retient, de peur que notre esprit ne défaille devant lui. Il serait profitable à quiconque se trouve actuellement privé d’une communion consciente avec le Seigneur de lui demander la raison de sa colère, en disant : « Fais-moi savoir pourquoi tu contestes avec moi. » Car il se laisse aisément fléchir et sa colère s’apaise bientôt. Lorsque ses enfants se détournent de leurs péchés, il cesse promptement de les reprendre. « Il ne garde pas sa colère à toujours. » Il ne conserve aucune rancune. Le Seigneur ne veut pas que son peuple nourrisse du ressentiment, et il lui donne, par sa propre conduite, un exemple magnifique. Lorsque le Seigneur a châtié son enfant, sa colère prend fin : il ne le punit pas en juge, car alors son courroux pourrait continuer de brûler ; mais il agit en père. C’est pourquoi, après quelques coups, il tient l’affaire pour close et presse son bien-aimé contre son sein comme si rien ne s’était passé. Ou bien, si la faute est trop profondément enracinée dans la nature du coupable pour être ainsi vaincue, il continue à le corriger ; mais il ne cesse jamais de l’aimer. Il ne permet pas que sa colère contre son peuple se prolonge jusque dans le monde à venir, mais il reçoit dans sa gloire son enfant égaré.
Verset 10. « Il ne nous traite pas selon nos péchés, et ne nous rend pas selon nos iniquités. » Autrement, Israël aurait entièrement péri, et nous-mêmes aurions depuis longtemps été précipités dans le plus profond de l’enfer. Nous devons louer le Seigneur pour ce qu’il n’a pas fait aussi bien que pour ce qu’il a accompli en notre faveur ; même cet aspect négatif mérite notre gratitude pleine d’adoration. Jusqu’à présent, même dans notre état le plus misérable, nous n’avons jamais souffert autant que nous méritions de souffrir. Notre sort quotidien n’a pas été fixé selon la mesure de nos mérites, mais d’après celle, bien différente, d’une bonté imméritée. Ne bénirons-nous donc pas le Seigneur ? Toutes les facultés de notre être auraient pu être déchirées par l’angoisse ; au lieu de cela, nous jouissons tous d’un bonheur relatif, et beaucoup d’entre nous sont extraordinairement favorisés par une joie intérieure. Que chacune de nos facultés, oui, que tout ce qui est en nous bénisse donc son saint nom.
Verset 11. « Mais autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant sa miséricorde est grande pour ceux qui le craignent. » La miséricorde du Seigneur envers ses élus est sans limites ; elle n’est pas plus mesurable que la hauteur du ciel ou du ciel des cieux. « Comme la hauteur des cieux », dit le texte original, ce qui implique, outre l’étendue, d’autres points de comparaison et suggère l’élévation, la grandeur et la gloire. De même que les cieux sublimes forment une voûte au-dessus de la terre, l’arrosent de rosée et de pluie, l’éclairent du soleil, de la lune et des étoiles, et veillent sur elle sans relâche, ainsi la miséricorde du Seigneur, venant d’en haut, couvre tous ses élus, les enrichit, les enveloppe et demeure éternellement leur habitation. L’idée exprimée par notre version est d’une grande noblesse, car qui pourra dire combien la hauteur du ciel est immense ? Qui peut atteindre la première des étoiles fixes, et qui peut mesurer les confins extrêmes de l’univers étoilé ? Pourtant, sa miséricorde est aussi grande ! Oh ! quel grand petit mot que cet aussi ! Toute cette miséricorde est destinée à « ceux qui le craignent ». Il faut une humble et sincère révérence pour son autorité, sans quoi nous ne pouvons goûter sa grâce. La crainte de Dieu est l’un des premiers fruits de la vie divine en nous ; elle est le commencement de la sagesse. Pourtant, elle assure pleinement à celui qui la possède tous les bienfaits de la miséricorde divine et sert même, ici comme ailleurs, à désigner l’ensemble de la vraie religion. Plus d’un véritable enfant de Dieu est rempli d’une crainte filiale, tout en tremblant quant à son acceptation devant Dieu. Ce tremblement est sans fondement, mais il est infiniment préférable à cette présomption vile qui pousse les hommes à se glorifier de leur adoption et de la sécurité qui en découle, alors qu’ils sont toujours plongés dans un fiel amer. Ceux qui présument de l’étendue infinie de la miséricorde divine devraient être amenés ici à considérer que, si elle est aussi vaste que l’horizon et aussi élevée que les étoiles, elle n’est cependant destinée qu’à ceux qui craignent le Seigneur. Quant aux rebelles obstinés, la justice leur sera mesurée sans miséricorde.
Verset 12. « Autant l’orient est éloigné de l’occident, autant il éloigne de nous nos transgressions. » Ô verset glorieux ! Nulle parole, même dans les pages inspirées, ne saurait le surpasser ! Le péché est éloigné de nous par un miracle d’amour ! Quel fardeau à déplacer, et pourtant il est emporté à une distance incalculable. Volez aussi loin que peuvent vous porter les ailes de l’imagination : si vous traversez l’espace en direction de l’orient, chaque battement d’aile vous éloignera davantage de l’occident. Si le péché est éloigné à ce point, nous pouvons être certains que son odeur, sa trace et jusqu’à son souvenir même ont entièrement disparu. Puisque telle est la distance à laquelle il a été emporté, il n’y a pas la moindre raison de craindre qu’il soit jamais ramené ; Satan lui-même ne pourrait accomplir une telle tâche. Nos péchés ont disparu : Jésus les a emportés. Aussi loin que le lieu où se lève le soleil est éloigné de l’occident là-bas, où il se couche lorsque sa course quotidienne est achevée, aussi loin nos péchés furent-ils emportés par notre bouc émissaire, il y a dix-neuf siècles. Et maintenant, si on les cherche, on ne les trouvera pas ; bien plus, ils ne seront plus, dit le Seigneur. Allons, mon âme, réveille-toi pleinement et glorifie le Seigneur pour cette bénédiction, la plus riche de toutes. Alléluia ! Le Seigneur seul pouvait ôter le péché, et il l’a fait d’une manière digne de Dieu, balayant définitivement toutes nos transgressions.
Verset 13. « *Comme un père a compassion de ses enfants, ainsi l’*ÉTERNEL a compassion de ceux qui le craignent. » Pour ceux qui révèrent véritablement son saint nom, le Seigneur est un père et agit comme tel. Il a compassion d’eux, car même chez les meilleurs des hommes, le Seigneur voit bien des choses dignes de compassion ; et jusque dans leur meilleur état, ils ont encore besoin de sa pitié. Cela devrait réprimer toute tendance à l’orgueil, tout en nous procurant la plus riche consolation. Les pères compatissent aux souffrances de leurs enfants, surtout lorsqu’ils sont dans la douleur ; ils voudraient souffrir à leur place, et leurs soupirs comme leurs gémissements les transpercent jusqu’au fond du cœur. Telle est la sensibilité de notre Père céleste à notre égard. Nous n’adorons pas un dieu de pierre, mais le Dieu vivant, qui est la tendresse même. En cet instant, il compatit à notre faiblesse, car le verbe est au présent. Sa compassion ne cesse jamais de couler, et nous ne cessons jamais d’en avoir besoin.
Verset 14. « Car il sait de quoi nous sommes formés. » Il sait comment nous sommes faits, car c’est lui qui nous a faits. Il connaît parfaitement notre structure et notre constitution, notre tempérament, l’infirmité qui prédomine en nous et la tentation qui nous assaille le plus souvent, car il sonde le plus profond de notre nature. « Il se souvient que nous sommes poussière. » Formés de poussière, toujours poussière et prêts à retourner à la poussière. Nous avons parfois entendu parler du « duc de Fer » et de tempéraments de fer ; mais les faits ne tardent pas à démentir ces expressions, car le duc de Fer s’est dissous, et d’autres hommes d’une semblable vigueur le suivent dans la tombe, où « poussière à la poussière » constitue un requiem approprié. Nous oublions trop souvent que nous sommes poussière, et nous éprouvons à l’excès notre esprit et notre corps par des efforts intellectuels et physiques démesurés. Nous ne tenons pas non plus suffisamment compte des faiblesses d’autrui, et nous lui imposons des fardeaux pénibles à porter. Mais notre Père céleste ne nous surcharge jamais et ne manque jamais de nous accorder une force proportionnée à chaque jour, parce qu’il tient toujours compte de notre fragilité lorsqu’il nous assigne notre lot. Béni soit son saint nom pour cette douceur envers ses frêles créatures.
Verset 15. « L’homme ! ses jours sont comme l’herbe. » Il vit de l’herbe et vit comme l’herbe. Le blé n’est qu’une herbe cultivée, et l’homme, qui s’en nourrit, participe à sa nature. L’herbe vit, croît, fleurit, tombe sous la faux, se dessèche et disparaît du champ. Relisez cette phrase, et vous y trouverez toute l’histoire de l’homme. S’il vit jusqu’au terme de sa courte journée, il finit par être retranché ; mais il est bien plus probable encore qu’il se flétrira avant d’être parvenu à maturité, ou qu’il sera soudainement arraché, bien avant d’avoir achevé son temps. « Il fleurit comme la fleur des champs. » Il possède une beauté et un charme semblables à ceux des prairies lorsqu’elles sont toutes jaunes de boutons d’or ; mais, hélas ! combien cette beauté est éphémère ! À peine apparue, déjà disparue : un éclair de beauté, et rien de plus ! L’homme n’est même pas semblable à une fleur cultivée dans une serre ou dans la bordure abritée d’un jardin. Il pousse au mieux selon la nature, comme la fleur des champs ; et, tel cet ornement sans protection des pâturages, il court mille risques de connaître une fin rapide. Une grande assemblée vêtue d’habits multicolores nous rappelle toujours une prairie éclatante de mille teintes. Et la comparaison devient tristement exacte lorsque nous songeons que, tout comme l’herbe et sa beauté passent bientôt, ainsi en sera-t-il de ceux que nous contemplons et de toute leur beauté visible. Il doit en être de même de tout ce qui procède de la chair, même de ses plus grandes qualités et de ses vertus naturelles ; car « ce qui est né de la chair est chair », et n’est donc que comme l’herbe qui se flétrit au moindre souffle de vent. Heureux ceux qui, nés d’en haut, portent en eux une semence incorruptible, vivante et permanente à jamais.
Verset 16. « Lorsqu’un vent passe sur elle, elle n’est plus. » Il suffit d’un peu de vent ; la faux elle-même n’est pas nécessaire. Un simple souffle peut l’emporter, tant la fleur est fragile.
Qu’un vent mordant balaie la campagne,
Et en une heure elle se flétrit.
Quelle faible quantité de gaz délétère suffit à provoquer une fièvre mortelle qu’aucun art humain ne peut arrêter ! Nul besoin d’épée ni de balle : une bouffée d’air vicié est bien plus meurtrière et ne manque jamais d’abattre le fils de l’homme le plus sain et le plus robuste. « Et le lieu qu’il occupait ne le reconnaît plus. » La fleur ne refleurit plus. Elle peut avoir une remplaçante, mais, quant à elle, ses feuilles sont dispersées, et son parfum n’embaumera plus jamais l’air du soir. L’homme, lui aussi, meurt et disparaît : il quitte pour toujours les lieux qu’il fréquentait, son foyer bien-aimé et ses travaux quotidiens. Pour ce qui est de ce monde, c’est comme s’il n’avait jamais existé ; le soleil se lève, la lune croît ou décroît, l’été et l’hiver poursuivent leur cycle, les fleuves coulent, et toutes choses continuent leur cours comme si son absence ne leur pesait nullement, tant son rôle est infime dans les affaires de la nature. Peut-être un ami remarquera-t-il sa disparition et dira-t-il :
Un matin, je ne le vis pas sur la colline familière,
À travers la lande, près de son arbre favori ;
Un autre jour vint : il n’était toujours pas près du ruisseau,
Ni sur la pelouse, ni dans le bois.
Mais lorsque les « chants funèbres qui lui sont dus » se seront tus, au-delà d’un tertre de terre et peut-être d’une pierre qui s’effrite, combien faible sera le souvenir de notre existence sur cette scène affairée ! Il existe, il est vrai, des souvenirs plus durables, ainsi qu’une existence d’un autre ordre, aussi longue que l’éternité ; mais ceux-ci n’appartiennent pas à notre chair, qui n’est que de l’herbe, mais à une vie supérieure, dans laquelle nous nous élevons jusqu’à une étroite communion avec l’Éternel.
Verset 17. « *Mais la bonté de l’*ÉTERNEL dure d’éternité en éternité pour ceux qui le craignent. » Mais béni ! Quel immense contraste entre la fleur qui se fane et le Dieu éternel ! Comme il est merveilleux que sa bonté unisse notre fragilité à son éternité et nous rende, nous aussi, éternels ! Dès l’éternité passée, le Seigneur a considéré son peuple comme l’objet de sa miséricorde et, à ce titre, l’a choisi pour le faire participer à sa grâce ; la doctrine de l’élection éternelle est des plus délicieuses pour ceux qui ont la lumière nécessaire pour la voir et l’amour qui leur permet de l’accueillir. C’est un sujet propre aux réflexions les plus profondes et à la joie la plus élevée. L’expression « jusqu’à l’éternité » est tout aussi précieuse. L’Éternel ne change pas ; sa miséricorde est sans fin comme elle est sans commencement. Jamais ceux qui le craignent ne découvriront que leurs péchés ou leurs besoins ont épuisé le grand abîme de sa grâce. La question essentielle est celle-ci : « Le craignons-nous ? » Si nous levons vers le ciel le regard d’une crainte filiale, le regard de l’amour paternel ne se détourne jamais de nous, et il ne s’en détournera jamais, aux siècles des siècles. « Et sa justice pour les enfants de leurs enfants. » La miséricorde envers ceux avec lesquels le Seigneur conclut une alliance est garantie par sa justice ; c’est parce qu’il est juste qu’il ne révoque jamais une promesse et ne manque jamais de l’accomplir. Nos fils croyants et leur postérité trouveront à jamais la parole du Seigneur immuable : il leur manifestera sa grâce et les bénira comme il nous a bénis. Chantons donc pour la postérité. Le passé commande notre louange, et l’avenir nous y invite. Pour nos descendants, chantons aussi bien que nous prions. Si Abraham s’est réjoui au sujet de sa postérité, les hommes pieux peuvent en faire autant, car « à la place de tes pères seront tes enfants » et, comme nous le disait le dernier verset du psaume précédent, « les fils de tes serviteurs habiteront leur pays, et leur postérité s’affermira devant toi ».
Verset 18. Toutefois, la miséricorde du Seigneur n’est pas promise sans condition aux enfants des justes, et ce verset complète la déclaration précédente en ajoutant : « Pour ceux qui gardent son alliance et se souviennent de ses commandements afin de les mettre en pratique. » Les parents doivent obéir, et les enfants également. Il nous est ici ordonné de demeurer fidèles à l’alliance, et ceux qui cherchent leur assurance ailleurs que dans l’œuvre achevée de Jésus ne sont pas de ceux qui obéissent à ce précepte ; ceux avec lesquels l’alliance est réellement conclue y demeurent fermement attachés et, après avoir commencé par l’Esprit, ils ne cherchent pas à parvenir à la perfection par la chair. Ceux qui sont véritablement pieux gardent avec soin les commandements du Seigneur — ils « s’en souviennent » ; ils les observent concrètement — « afin de les mettre en pratique ». En outre, ils ne font pas de tri entre eux, mais se souviennent de « ses commandements » comme tels, sans élever l’un au-dessus de l’autre selon ce que leur dictent leur bon plaisir ou leur commodité. Puisse notre postérité être une race réfléchie, soigneuse et vigilante, empressée de connaître la volonté du Seigneur et prompte à l’accomplir pleinement ; alors sa miséricorde l’enrichira et l’honorera de génération en génération.
Ce verset nous incite aussi à la louange, car qui souhaiterait voir le Seigneur sourire à ceux qui refusent de tenir compte de ses voies ? Ce serait encourager le vice. À entendre la manière inconsidérée dont certains hommes prêchent l’alliance, on pourrait en déduire que Dieu bénirait une certaine catégorie de personnes, quelle que soit leur conduite et si grande que soit leur négligence de ses lois. Mais ce n’est pas là ce qu’enseigne la Parole. L’alliance n’est pas légaliste, mais elle est sainte. Elle relève entièrement de la grâce, du commencement à la fin ; pourtant, elle ne se fait pas la complice du péché. Au contraire, l’une de ses plus grandes promesses est celle-ci : « Je mettrai mes lois dans leur cœur, et je les écrirai dans leur esprit » ; son objectif général est de sanctifier pour Dieu un peuple zélé pour les bonnes œuvres, et tous ses dons comme toutes ses opérations tendent dans cette direction. La foi garde l’alliance en regardant à Jésus seul, tandis qu’en même temps, par une obéissance sincère, elle se souvient des commandements du Seigneur afin de les mettre en pratique.
Verset 19. « *L’*ÉTERNEL a établi son trône dans les cieux. » Voici un magnifique éclat de chant, suscité par la contemplation de la puissance sans limites et de la glorieuse souveraineté de l’Éternel. Son trône est fixe, car tel est le sens du mot ; il est établi, affermi, inébranlable.
Il ne siège pas sur un trône précaire,
Et ne demande à personne le droit d’y régner.
Son gouvernement ne connaît ni alarme, ni désordre, ni trouble, ni va-et-vient précipité à la recherche d’expédients ; aucune surprise à affronter, aucune catastrophe imprévue à détourner. Tout est préparé et fixé, et c’est lui-même qui a tout préparé et fixé. Il n’est pas un souverain délégué, pour lequel un autre aurait dressé un trône ; il est un monarque absolu, et sa domination procède de lui-même et se maintient par sa propre puissance intrinsèque. Cette souveraineté incomparable est le gage de notre sécurité, le pilier sur lequel notre confiance peut s’appuyer sans crainte.
« Et son règne domine sur toutes choses. » Il étend son sceptre sur l’univers entier. Il règne maintenant sur tout, il a toujours régné ainsi et il régnera toujours. À nos yeux, le monde peut sembler déchiré par l’anarchie, mais lui fait surgir l’ordre de la confusion. Les éléments déchaînés marchent sous sa bannière au moment même où ils se précipitent avec le plus de furie dans la violente tempête. Grands et petits, êtres doués d’intelligence et réalités matérielles, volontaires et récalcitrants, farouches ou paisibles — tous, absolument tous, sont sous son empire. À lui seul appartient la monarchie universelle ; il est le bienheureux et seul Souverain, le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs. Une claire vision de sa providence toujours agissante et partout suprême est l’un des dons spirituels les plus délicieux ; celui qui la possède ne peut faire autrement que bénir le Seigneur de toute son âme.
Ainsi, le doux psalmiste a célébré les divers attributs du Seigneur tels qu’ils se manifestent dans la nature, dans la grâce et dans la providence ; maintenant, il rassemble toutes ses forces pour un ultime élan d’adoration auquel il voudrait voir toutes les créatures s’unir, puisque toutes sont les sujets du grand Roi.
Verset 20. « *Bénissez l’*ÉTERNEL, vous ses anges, qui êtes puissants en force. » Voyant l’œuvre de louange prendre toujours plus d’ampleur entre ses mains, il appelle « les fils premiers-nés de la lumière » à proclamer les louanges du Seigneur ; ils le peuvent à juste titre, car, comme le dit Milton, ce sont eux qui peuvent le mieux en parler. Habitant plus près que nous de ce trône établi, auquel il ne nous est pas encore permis de monter, ils contemplent de plus près la gloire que nous désirons adorer. Il leur a été donné une puissance extraordinaire d’intelligence, de voix et d’action, qu’ils prennent plaisir à employer dans le service sacré qu’ils lui rendent ; qu’ils consacrent maintenant toute leur force à ce chant solennel que nous voudrions faire monter jusqu’au troisième ciel. Que toute la force des anges soit offerte à celui qui leur a donné cette force. Ils sont ses anges et, par conséquent, ils ne répugnent pas à faire retentir ses louanges. « Qui exécutez ses commandements, en obéissant à la voix de sa parole. » Il nous est ordonné d’accomplir ces commandements, et, hélas ! nous y manquons ; que ces esprits qui n’ont pas chuté, et dont le bonheur est de n’avoir jamais transgressé, rendent au Seigneur la gloire pour leur sainteté. Ils se tiennent à l’écoute de nouveaux commandements, obéissant tout autant par leur écoute révérencieuse que par leur action énergique ; en cela, ils nous enseignent comment la volonté céleste doit toujours être accomplie. Pourtant, même pour cette excellence incomparable, qu’ils ne s’attribuent aucune louange, mais qu’ils rendent tout honneur à celui qui les a faits et conservés tels qu’ils sont. Oh ! si seulement nous pouvions les entendre célébrer les sublimes louanges de Dieu, comme les bergers les entendirent en cette nuit, la plus glorieuse de toutes celles où se produisit une naissance —
Lorsqu’une musique si douce
Charma leurs cœurs et leurs oreilles,
Telle qu’aucun doigt mortel n’en avait jamais tiré ;
Une voix aux trilles divins,
Répondant au concert des cordes,
Ravit leurs âmes d’une bienheureuse extase ;
Et l’air, refusant de perdre un tel délice,
Par mille échos prolonge encore chaque céleste cadence.
Notre cœur joyeux anticipe l’heure où nous les entendrons « faire résonner leurs harpes avec puissance et solennité », uniquement à la louange de Dieu.
Verset 21. « Bénissez l’Éternel, vous toutes ses armées » ; à quelque ordre de créatures que vous apparteniez, car vous êtes tous ses troupes, et il est le généralissime de toutes vos armées. Les oiseaux du ciel, les poissons de la mer et tout ce qui parcourt les sentiers des mers doivent s’unir pour louer leur Créateur, chacun selon le meilleur de ses capacités. « Vous, ses serviteurs, qui faites sa volonté » ; de quelque manière que vous le serviez, bénissez-le tout en le servant. Le psalmiste voudrait que chaque serviteur du palais de l’Éternel se joigne à lui et que tous, d’une seule voix, chantent les louanges du Seigneur. De nos jours, nous avons donné un sens nouveau au mot « serviteurs », en le restreignant à ceux qui exercent le ministère de la Parole et de l’enseignement. Pourtant, aucun véritable ministre ne souhaiterait modifier ce terme, car, plus que tous les hommes, nous sommes tenus d’être les serviteurs du Seigneur ; et, plus que toutes les autres intelligences ou puissances qui le servent, nous désirons bénir le Seigneur glorieux.
Verset 22. « Bénissez l’Éternel, vous toutes ses œuvres, dans tous les lieux de sa domination. » Voici une triple bénédiction adressée au Dieu trois fois béni, et chacune des trois élargit celle qui la précède. Celle-ci est la plus vaste de toutes, car quel appel pourrait être plus étendu que celui qui s’adresse à tous, en tous lieux ? Voyez comment l’homme, malgré ses limites, peut éveiller une louange sans bornes ! L’homme est bien peu de chose ; pourtant, lorsqu’il pose les mains sur les touches du grand orgue de l’univers, il en fait jaillir les tonnerres de l’adoration ! L’homme racheté est la voix de la nature, le prêtre dans le temple de la création, le chantre qui dirige le culte de l’univers. Oh ! puissent toutes les œuvres du Seigneur sur la terre être affranchies de la vanité à laquelle elles ont été assujetties et entrer dans la glorieuse liberté des enfants de Dieu ! Ce temps approche rapidement et viendra très certainement ; alors toutes les œuvres du Seigneur le béniront véritablement. La promesse immuable arrive à maturité, la miséricorde assurée est en chemin. Hâtez-vous, heures ailées !
« Mon âme, bénis l’Éternel. » Il achève sur sa note fondamentale. Il ne saurait se contenter d’appeler les autres à bénir Dieu sans prendre lui-même sa part ; et ce n’est pas parce que d’autres chantent plus fort et avec plus de perfection qu’il consentira à être laissé de côté. Ô mon âme, reviens à toi-même et à ton Dieu, et que le petit monde qui est en toi garde le rythme et l’harmonie avec les sphères qui font retentir la louange de l’Éternel. Ô Seigneur infiniment béni, accorde-nous cette bénédiction suprême : être, pour les siècles des siècles, entièrement absorbés à te bénir.
Notes explicatives et sentences pittoresques
TITRE. — Psaume de David, qu’il écrivit lorsqu’il fut ravi hors de lui-même jusqu’au ciel, dit Bèze.
— John Trapp.
Psaume entier. — Combien de fois les saints d’Écosse n’ont-ils pas chanté ce psaume lorsqu’ils célébraient la sainte cène ! C’est ce qui l’a rendu particulièrement connu dans notre pays. Il est également lié à un événement remarquable survenu au temps de John Knox. Elizabeth Adamson, une femme qui venait écouter sa prédication « parce qu’il ouvrait plus pleinement que les autres la source des miséricordes de Dieu », fut conduite à Christ et trouva le repos en entendant ce psaume, après avoir enduré une telle agonie de l’âme qu’elle disait, à propos des douleurs corporelles les plus atroces : « Mille années de ce tourment, auxquelles on en ajouterait dix fois davantage, ne sauraient être comparées à un quart d’heure de la détresse de mon âme. » Avant de mourir, elle demanda qu’on lui lise de nouveau ce psaume : « C’est en le recevant que mon âme troublée goûta pour la première fois la miséricorde de Dieu, laquelle m’est maintenant plus douce que si tous les royaumes de la terre m’étaient donnés en possession. »
— Andrew A. Bonar.
Psaume entier. — Le nombre des versets de ce psaume correspond à celui des lettres de l’alphabet hébreu ; et l’unité achevée de l’ensemble est encore attestée par le retour, à la fin, des paroles par lesquelles il avait commencé : « Mon âme, bénis l’Éternel. »
— J. F. Thrupp.
Psaume entier. — Par le nombre de ses versets, ce psaume est alphabétique ; sa composition est agencée de telle sorte que la conclusion revient au verset introductif, ce qui donne à l’ensemble son achèvement et sa parfaite unité. De même, le nom de l’Éternel y apparaît onze fois. Le psaume est divisé en deux strophes, la première de dix versets et la seconde de douze. Les dix se divisent en deux groupes de cinq, et les douze en trois groupes de quatre. Le nom de l’Éternel apparaît quatre fois dans la première strophe et sept fois dans la seconde.
Ce psaume est empreint d’une tendre sérénité. C’est un paisible et limpide ruisseau de louange à Dieu. En accord avec ce caractère, les versets ont une longueur structurelle égale et se composent régulièrement de deux membres. Ce n’est qu’à la conclusion, lorsque le ton s’élève, que les versets s’allongent : le vase est trop petit pour contenir le sentiment.
Le témoignage que le titre rend en faveur de la composition de ce psaume par David est confirmé par le fait que, dans des passages dont l’originalité ne saurait être méconnue, ce psaume présente une ressemblance frappante avec les autres psaumes de David, ainsi que par son lien avec le Psaume 102. David enseigne ici à sa postérité à rendre grâces, comme il lui avait appris à prier dans le psaume précédent : la délivrance d’une profonde détresse, qui faisait là l’objet de la prière, devient ici l’objet de l’action de grâces.
— E. W. Hengstenberg.
Psaume entier. — Il est remarquable qu’aucune requête ne se rencontre dans toute l’étendue de ces vingt-deux versets. Dans tout le psaume, pas un seul mot de supplication n’est adressé au Très-Haut. Sans doute le psalmiste avait-il auparavant présenté à Dieu une prière fervente, venue du cœur, et son Dieu l’avait-il exaucée. D’innombrables bénédictions avaient été répandues d’en haut en réponse aux supplications de David ; c’est pourquoi une gratitude débordante jaillit maintenant de celui qui les a reçues avec joie. Il fait vibrer ensemble toutes les cordes de sa harpe et de son cœur, et répand spontanément une mélodie où se mêlent les sons les plus doux et la louange la plus pure.
— John Stevenson, dans « La gratitude : exposition du Psaume 103 », 1856.
Verset 1. — « Mon âme, bénis l’Éternel. » Oh ! combien ces mots sont bien assortis ! Car quelle œuvre convient mieux à mon âme que celle-ci ? Et qui convient mieux à cette œuvre que mon âme ? Mon corps, Dieu le sait, est grossier et pesant, et fort peu propre à une œuvre aussi sublime. Non, mon âme, c’est toi qui dois l’accomplir ; et, en vérité, qu’as-tu d’autre à faire ? C’est précisément l’œuvre pour laquelle tu as été créée. Oh ! puisses-tu être aussi apte à accomplir cette œuvre que cette œuvre est faite pour toi ! Mais, hélas ! tu es devenue en quelque sorte terrestre ; du moins as-tu perdu une grande partie de tes facultés, et tu ne pourras jamais mener à bien, toute seule, cette grande tâche. Si bénir le Seigneur ne consistait qu’à dire : Seigneur, Seigneur, à la manière de ceux qui criaient : « Le temple de l’Éternel, le temple de l’Éternel », alors ma langue seule y suffirait, et je n’aurais besoin d’en solliciter aucune autre faculté. Mais bénir le Seigneur est une œuvre éminente, qui exige, pour être accomplie, des agents non seulement nombreux, mais aussi très capables. C’est pourquoi, mon âme, lorsque tu t’y consacres, n’y va pas seule, mais prends avec toi « tout ce qui est au-dedans de toi » ; toutes les forces de mon arsenal, que ce soit mon cœur ou mon esprit, ma volonté ou mes affections, mon intelligence ou ma mémoire : prends-les toutes avec toi, et bénis l’Éternel.
— Sir R. Baker.
Verset 1. — « Tout ce qui est au-dedans de moi. » La traduction littérale de l’expression employée ici est mes entrailles ou mes parties intérieures. Le sens fort et étendu du pluriel est encore renforcé par l’ajout du mot tout, comme pour exclure toute exception et toute réserve, et pour embrasser dans cet appel l’ensemble des facultés et des affections.
— J. A. Alexander.
Verset 1. — « Tout ce qui est au-dedans de moi », etc. Que votre conscience « bénisse l’Éternel » par une fidélité invariable. Que votre jugement le bénisse par des décisions conformes à sa Parole. Que votre imagination le bénisse par des méditations pures et saintes. Que vos affections le louent en aimant tout ce qu’il aime. Que vos désirs le bénissent en ne recherchant que sa gloire. Que votre mémoire le bénisse en n’oubliant aucun de ses bienfaits. Que vos pensées le bénissent en méditant ses perfections. Que votre espérance le loue en soupirant après la gloire qui doit être révélée et en l’attendant. Que chacun de vos sens le bénisse par sa fidélité, chacune de vos paroles par sa vérité, et chacun de vos actes par sa droiture.
— John Stevenson.
Verset 1. — « Mon âme, bénis l’Éternel ! » Vous avez souvent entendu dire que, lorsque Dieu est présenté comme bénissant les hommes, et que ceux-ci, à leur tour, sont exhortés à le bénir, le mot est employé en deux sens très différents. Dieu est l’unique source de l’être et du bonheur, de laquelle découle tout bien ; aussi dit-on qu’il bénit ses créatures lorsqu’il leur accorde miséricordes et faveurs, les dote de quelque faculté du corps ou de l’esprit, les délivre du mal et devient la source de leurs consolations présentes et de leurs espérances futures. Mais, en ce sens, vous voyez qu’aucune créature ne peut bénir Dieu ; car sa perfection infinie et sans tache le rend incapable de recevoir quelque excellence supérieure ou quelque accroissement de bonheur. Et même si nous supposions que cet immense océan de bonté puisse encore s’accroître, il est évident que nous, qui recevons de lui notre être même et tout ce que nous avons ou sommes, ne pourrions en aucune manière y contribuer. Bénir Dieu, c’est donc reconnaître humblement, avec une ardente affection, les perfections divines qui font de lui le meilleur et le plus grand de tous les êtres, le seul objet digne de l’adoration suprême ; c’est lui attribuer la louange de tous les glorieux attributs qui ornent sa nature et se manifestent avec tant d’éclat dans ses œuvres et dans ses voies. Bénir Dieu, c’est saisir toute occasion convenable de confesser la vénération et l’estime que nous inspire son incomparable grandeur, et proclamer à tous ceux qui nous entourent, aussi hautement que possible, la bonté et la grâce de sa conduite envers les hommes, ainsi que l’infinie dette que nous avons envers lui pour toutes nos joies, lui en qui nous avons la vie, le mouvement et l’être. Et une juste manière de bénir Dieu doit jaillir d’un cœur rempli d’estime et de gratitude, qui donne vie aux chants de louange.
Mais, entre toutes, la manière la plus vivante et la plus agréable à Dieu de le bénir consiste à mener une sainte conduite et à s’efforcer avec ardeur d’être purifié de toute iniquité ; car bénir Dieu consiste, comme je vous l’ai dit, à adorer ses perfections et à exprimer l’estime et la vénération que nous en avons. Or, quel moyen peut être plus efficace que de laisser la contemplation de ces perfections exercer son influence sur notre vie ? Celui-là exalte le mieux la gloire de la puissance divine qui craint Dieu par-dessus tout et tremble à la pensée de sa colère ; il célèbre le mieux sa justice qui fuit le péché, lequel l’expose à son inexorable sévérité ; et il magnifie le mieux son amour qui, attendri par cet amour même, y répond par une obéissance reconnaissante. Enfin, nous célébrons sa sainteté lorsque nous nous efforçons de l’imiter dans notre vie et que nous abandonnons tout ce qui est en abomination aux yeux de sa pureté.
— William Dunlop, 1692-1720.
Verset 1. — « Mon âme. » Le regard de Dieu se porte principalement sur l’âme : apportez cent plats à table, il ne prendra que de celui-ci ; c’est la nourriture savoureuse qu’il aime. Celui qui est le meilleur doit être servi avec ce que nous avons de meilleur ; lorsque, dans l’accomplissement d’un devoir, nous lui donnons notre âme, nous lui offrons alors la fleur et la crème ; par une sainte alchimie, nous en distillons l’essence. Une âme embrasée dans le service est la coupe de « vin parfumé, du jus de mes grenades » (Ct 8:2), que l’épouse fait boire à Christ.
— Thomas Watson.
Verset 1. — « Bénis son saint nom. » Dans l’Écriture, le nom de Dieu désigne fréquemment sa nature et ses attributs. Or, la sainteté est la gloire de ce nom ; la pureté de Dieu est ce qui embellit toutes ses perfections et les rend dignes de louange. Son éternité, sa connaissance et sa puissance, sans la justice, la bonté et la vérité, pourraient certes nous effrayer et nous confondre ; mais elles ne pourraient ni embraser notre amour ni nous pousser à le bénir de tout cœur. En revanche, lorsque la puissance infinie, la sagesse infaillible et la domination éternelle s’unissent à un amour immuable, à une véracité inviolable et à une bonté qui s’élève au-dessus de toutes ses œuvres ; lorsque ce nom devient ainsi un saint nom, alors les perfections divines se montrent véritablement aimables et deviennent les objets légitimes de notre espérance, de notre confiance et de nos chants les plus éclatants. Vous voyez donc avec quelle élégance le psalmiste mentionne ici la pureté de Dieu : « Bénis son saint nom. »
En outre, rien ne rehausse davantage la gloire de la grâce divine et de l’amour rédempteur envers une âme que la considération de la sainteté de Dieu ; car si votre Créateur n’avait pas les yeux plus purs que ceux de l’homme, et même si sa haine du péché et son amour de la justice n’étaient pas plus grands que ceux du plus noble des anges, le pardon qu’il accorde au péché et sa patience envers les transgresseurs ne constitueraient pas une condescendance aussi merveilleuse. Mais son nom est-il infiniment saint, au point que « les cieux ne sont pas purs à ses yeux » ? La moindre iniquité fait-elle horreur à son âme, et la hait-il d’une haine parfaite ? Alors, assurément, sa grâce et son amour doivent dépasser incomparablement toutes nos pensées.
— William Dunlop.
Versets 1-2. — Le puits est rarement si plein que l’eau en jaillisse dès le premier coup de pompe ; de même, après tous les soins que nous avons pu prendre dans nos rapports avec le monde — et bien moins encore lorsque nous nous y sommes quelque peu laissés emporter —, notre cœur est rarement assez spirituel pour se répandre librement dans le sein de Dieu, sans qu’il faille quelque chose pour le relever et l’élever. Bien plus, les sources de la grâce sont souvent si basses que le seul pompage ne suffit pas à amener le cœur à une disposition de prière : il faut d’abord verser dans l’âme des raisons propres à faire monter les affections. De là viennent ces soliloques et ces discours que nous voyons les saints adresser à leur propre cœur, afin de l’amener à une disposition de grâce convenant à la communion avec Dieu dans ses ordonnances. Il semble que, d’après ces versets], David constatait ou craignait que son cœur ne fût pas dans une disposition aussi bonne qu’il le désirait ; c’est pourquoi il réitère son ordre : trouvant son cœur quelque peu assoupi, il cherche ainsi à le réveiller.
— William Gurnall.
Versets 1-3. — La gratitude du psalmiste possède ici quatre caractères.
Le premier est qu’elle est personnelle. « Bénis l’Éternel, mon âme. » Il s’adresse à lui-même de la même manière à la fin du psaume, après avoir appelé les autres à accomplir cette œuvre. Notre religion doit être sociale aussi bien que personnelle ; mais, si elle ne doit pas s’arrêter au foyer, elle doit néanmoins y commencer. Une religion tournée vers les autres, mais dépourvue de piété personnelle, manquera toujours d’élan, d’énergie, de rayonnement et de persévérance, et très souvent aussi de succès.
Deuxièmement, elle est fervente. « Que tout ce qui est en moi bénisse son saint nom » : toutes mes pensées, tous mes sentiments, mon intelligence, ma volonté, ma mémoire, ma conscience, mes affections et mes passions.
S’il est des passions dans mon âme,
— Et il en est, Seigneur —,
Qu’elles soient toutes sous ton empire,
Pour toi, mon gracieux Seigneur.
Troisièmement, elle est raisonnable et exigée par les faits de sa vie passée. D’où cette parole : « N’oublie aucun de ses bienfaits. » Rien ne peut nous toucher ou nous influencer comme il convient si cela est sorti de notre souvenir. « Loin des yeux, loin du cœur » ; et hors de la pensée, hors de toute motivation. D’où venait l’ingratitude des Juifs d’autrefois ? De mauvaises mémoires. « Tu as abandonné le Rocher qui t’a fait naître, et tu as oublié le Dieu qui t’a engendré. » « Le bœuf connaît son possesseur, et l’âne la crèche de son maître : Israël ne connaît rien, mon peuple n’a point d’intelligence. » Vous devez donc vous soucier non seulement de vous rappeler les miséricordes reçues, mais aussi de les compter. Enfin, cette gratitude est précise : « C’est lui qui pardonne toutes tes iniquités, qui guérit toutes tes maladies. » Lorsque tous les mots d’un discours sont emphatiques, plus rien ne l’est ; lorsque nous insistons sur tout, nous n’insistons efficacement sur rien. Dans un paysage, un point de vue déterminé, choisi pour être contemplé, nous frappe davantage qu’une vue générale. David était poète et connaissait bien la poésie ; or, la poésie diffère de la philosophie. Celle-ci cherche à s’élever des faits et des exemples particuliers jusqu’à l’établissement de principes et de règles générales ; celle-là tend toujours à descendre de la généralisation vers les détails particuliers, et une grande partie de sa beauté et de sa force vient des réalités individuelles.
— William Jay, 1849.
Verset 2. — « Mon âme, bénis l’Éternel ! » David éprouvait quelque engourdissement et quelque somnolence ; c’est pourquoi il presse si souvent l’aiguillon contre sa poitrine ; c’est pourquoi il exhorte son âme avec tant d’impétuosité, selon l’expression de quelqu’un.
— John Trapp.
Verset 2. — « N’oublie pas. » Cette parole touche au ressort secret d’une si grande ingratitude : l’oubli, le défaut de récollection, l’incapacité à rassembler de nouveau tous les fils si divers de la miséricorde. Comparez Dt 6:12 ; Dt 8:11, 14. « Si oblivisceris, tacebis » (Si tu oublies, tu garderas le silence).
— J. J. Stewart Perowne.
Verset 2. — « N’oublie aucun de ses bienfaits. » C’est-à-dire : n’oublie pas un seul de ses bienfaits, comme l’indique la tournure employée dans le texte original.
— David Dickson.
Verset 2. — « Bienfaits. » Le mot traduit par « bienfaits » — גּמוּל, gemul — désigne proprement un acte, une œuvre, une action, bonne ou mauvaise, Ps 137:8 ; puis le mérite, ou ce qu’un homme mérite en raison de son acte ; la rétribution. Il est rendu par agir avec droiture en Jg 9:16 ; bienfait, comme ici, en 2 Ch 32:25 ; mérite, Ps 28:4 ; rétribution, Ps 94:2 ; És 3:11 ; Ab 1:15 ; récompense, Pr 12:14 ; És 35:4 ; 59:18 ; 66:6 ; Jr 51:6 ; Lm 3:64 ; Jl 3:4, 7. Ici, il se rapporte proprement aux interventions divines, à ce que Dieu avait fait, et qui constituait une raison de bénir son nom. Les interventions de Dieu envers le psalmiste avaient été telles qu’elles appelaient la louange et la gratitude. Celui-ci précise dans les versets suivants en quoi elles consistaient.
— Albert Barnes.
Verset 3.---« Qui pardonne toutes tes iniquités. » Tes iniquités sont plus nombreuses qu’on ne saurait les compter ; elles constituent un fardeau insupportable, sous lequel ton âme « ne peut nullement se redresser ». Il les pardonne toutes. Il t’en délivre entièrement. Il ôte de ton dos ce terrible fardeau, enlève de ton cou ce joug meurtrissant et te rend libre... Tes iniquités sont des in-équités. Il n’y a en toi rien de juste ni de droit. Ta nature même est une iniquité qui ne produit que des in-équités. In-équités envers ton Dieu, in-équités envers ton prochain et in-équités envers toi-même : voilà ce qui compose toute ta vie. Tu es un mauvais arbre, et un mauvais arbre ne peut porter de bons fruits.
---John Pulsford, dans « Heures paisibles », 1857.
Verset 3.---« Toutes tes iniquités. » Dans ce beau psaume bien connu, nous trouvons une grande richesse d’expression au sujet de la question capitale de la rédemption. Qui pardonne toutes tes iniquités. Il n’est pas dit : « quelques-unes » ou « beaucoup de tes iniquités ». Cela ne suffirait jamais. Si la moindre iniquité, en pensée, en parole ou en acte, demeurait impardonnable, notre condition serait tout aussi mauvaise, nous serions tout aussi éloignés de Dieu, tout aussi impropres au ciel et tout aussi exposés à l’enfer que si tout le poids de nos péchés reposait encore sur nous. Que le lecteur médite profondément cette vérité. Il n’est pas dit : « Qui pardonne les iniquités que tu as commises avant ta conversion. » On ne trouve aucune idée de ce genre dans l’Écriture. Quand Dieu pardonne, il pardonne d’une manière digne de lui-même. La source, le canal, la puissance et la mesure du pardon sont tous divins. Lorsque Dieu efface les péchés d’un homme, il le fait dans la mesure où Christ a porté ces péchés. Or, Christ n’a pas seulement porté quelques-uns ou beaucoup des péchés du croyant ; il les a « tous » portés, et c’est pourquoi Dieu les pardonne « tous ». Le pardon de Dieu s’étend aussi loin que l’expiation de Christ ; et l’expiation de Christ s’étend à chacun des péchés du croyant, passés, présents et futurs. « Le sang de Jésus-Christ, son Fils, nous purifie de tout péché. » 1 Jn 1.9.
---« Choses nouvelles et anciennes », 1858.
Verset 3.---« Qui guérit toutes tes maladies. » Dans l’une des prisons d’un certain pays se trouvait un homme qui avait commis un crime de haute trahison. Il fut jugé en temps voulu et, reconnu coupable, condamné à mort. Mais ce n’était pas tout : il souffrait d’une maladie interne qui, d’ordinaire, se révèle mortelle. Nous pouvons donc dire en toute vérité que cet homme est doublement mort, que sa vie est perdue à deux titres : les lois de son pays l’ont déclaré digne de mort, et sa vie est donc perdue une première fois en vertu de ces lois ; et, s’il ne mourait pas de cette manière, il lui faudrait mourir de sa maladie. Il est donc « deux fois mort ». Supposons maintenant que le souverain de ce pays ait résolu de sauver la vie de ce prisonnier : pourrait-il la sauver ? Il pourrait certes lever la peine prononcée par la loi ; il pourrait lui accorder une grâce entière et lui rendre ainsi la vie, aussi sûrement qu’elle lui a été retirée par la juste sentence de la loi. Mais, à moins de pouvoir aussi lui envoyer un médecin capable de le guérir de sa maladie, l’homme mourrait de celle-ci, et sa grâce ne ferait que prolonger de quelques semaines ou de quelques mois une misérable existence. Et si cette maladie était non seulement mortelle, mais aussi infectieuse, susceptible de se propager par le souffle du malade, et contagieuse, susceptible de se transmettre par le contact de son corps ou de ses vêtements, alors il serait dangereux pour les autres de s’approcher de cet homme. À moins qu’il ne soit guéri, complètement et entièrement guéri, cet homme, quoique gracié, ne serait encore propre qu’à habiter un lazaret et ne pourrait être reçu dans les maisons des bien-portants. Vous avez vu un cas semblable, mes frères ; peut-être êtes-vous, en ce moment même, assis tout près d’une personne qui se trouve dans cet état ; oui, et peut-être êtes-vous vous-même précisément dans ce cas ! Peut-être, dis-je ? Je devrais dire que vous ÊTES dans ce cas, à moins que vous ne soyez réellement et véritablement chrétien, croyant en Jésus-Christ.
---W. Weldon Champneys, 1842.
Verset 3.---« Toutes tes maladies. » Le corps subit les tristes conséquences de la faute d’Adam et se trouve sujet à de nombreuses infirmités ; mais l’âme en connaît tout autant. Qu’est-ce que l’orgueil, sinon une folie ? Qu’est-ce que la colère, sinon une fièvre ? Qu’est-ce que l’avarice, sinon une hydropisie ? Qu’est-ce que la convoitise, sinon une lèpre ? Qu’est-ce que la paresse, sinon une paralysie complète ? Peut-être existe-t-il des maladies spirituelles analogues à toutes les maladies corporelles.
---George Horne.
Verset 3.---« Toutes tes maladies. » Ô mon âme, considère la multitude des infirmités auxquelles tu es sujette. Tu éprouves de nombreuses sollicitations de la chair ; tu es portée à leur céder et tu ne luttes pas contre elles par une prière fervente et de saintes méditations : c’est là une infirmité. Dans tes prières à Dieu, tes pensées s’égarent souvent et se portent sur d’autres sujets, fort indignes de la majesté souveraine à laquelle tu t’adresses ; ou, s’il n’en est pas ainsi, tu te lasses vite, ton esprit s’assoupit et tu préférerais faire autre chose : c’est là une infirmité. En vérité, tous tes sens ont leurs infirmités. Par la vue, tu sais apercevoir une paille dans l’œil de ton frère, mais tu ne peux voir une poutre dans ton propre œil. Par l’odorat, tu estimes que suavis odor lucri ex re qualibet, c’est-à-dire que le parfum du gain est doux, quelle qu’en soit la provenance. Par l’ouïe, tu prends plus de plaisir à entendre des propos profanes et frivoles que des discours sérieux et saints : voilà tes infirmités. Et, ô mon âme, si je te disséquais en autant de parties qu’un anatomiste et que j’examinais les infirmités de chacune, n’aurais-je pas de bonnes, de très bonnes raisons de m’écrier avec saint Paul : Malheureux que je suis ! Qui me délivrera de ce corps de péché ? Qui me guérira de toutes ces infirmités ? Car, soit que nous les appelions des péchés — et alors Dieu les pardonne —, soit que nous les appelions des infirmités — et alors il les guérit —, le bienfait est pour nous le même et la bonté de Dieu est la même. Puisque l’un comme l’autre mérite assurément d’être rappelé, nous avons pour tous deux de justes raisons de le bénir et de louer son nom.
---Sir Richard Baker.
Verset 3.---« Toutes tes maladies. » Notre intelligence est si défectueuse qu’elle ne comprend même pas sa propre défectuosité ; notre volonté, qui est la reine de notre âme, est devenue l’esclave du péché ; notre mémoire ressemble au jais, qui n’est bon qu’à attirer des brins de paille et à amasser des vétilles sans importance ; notre conscience, égarée par les erreurs de notre propre intelligence, nous accuse parfois lorsque nous sommes innocents et nous acquitte parfois lorsque nous sommes coupables ; toutes nos affections sont perverties et désordonnées. Ne serait-il pas nécessairement monstrueux, le visage où le bleu qui devrait être dans les veines se trouverait sur les lèvres, où le rouge qui devrait colorer les joues serait sur le nez, où les cheveux qui devraient pousser sur la tête pousseraient sur le visage ? Et nos âmes ne doivent-elles pas nécessairement paraître laides aux yeux de Dieu, puisque la tristesse y croît là où devrait être la joie, et la joie là où devrait être la tristesse ? Nous aimons ce que nous devrions haïr et haïssons là où nous devrions aimer ; nous craignons là où il n’y a rien à craindre et nous ne craignons pas là où nous devrions craindre. Toutes nos affections se trompent donc soit sur leur objet, soit sur leur juste mesure.
---Thomas Fuller.
Verset 4.---« Qui rachète ta vie de la destruction. » Dès ses premières années, le psalmiste fut l’enfant de la Providence. Il connut de nombreux périls auxquels il échappa de justesse, ainsi que de merveilleuses délivrances. À mesure qu’il avançait en âge, des dangers de toutes sortes se présentèrent à lui. À différentes reprises, la gueule du lion et la patte de l’ours menacèrent de mettre fin à son existence ; en d’autres occasions, ce fut la main impitoyable de l’homme. Le même Dieu qui le délivra de l’épée de Goliath sauva sa vie du javelot de Saül. L’Ami tout-puissant qui avait protégé sa tête au jour du combat le délivra, à un moment, des princes des Philistins ; à un autre, il le sauva des mains des hommes de Keïla ; puis il préserva encore sa vie et son trône lors de la révolte contre nature de son propre fils. Le psalmiste pouvait donc à juste titre exhorter son âme et tout ce qui était en lui à bénir avec la plus fervente reconnaissance le Seigneur qui, par tant de délivrances éclatantes, avait « racheté sa vie de la destruction ».
---John Stevenson.
Verset 4.---« Qui rachète. » Préservation de la destruction, חגואל haggoel ; à proprement parler, rachat de la vie par le proche parent. Cette expression porte peut-être, dans un esprit prophétique, les regards vers celui qui participa à notre chair et à notre sang, afin d’avoir le droit de racheter nos âmes de la mort en mourant à notre place.
---Adam Clarke.
Verset 4.---« De la fosse », ce qui comprend la mort, le tombeau et l’Hadès. Le Targoum traduit : « de la Géhenne ».
---J. J. Stewart Perowne.
Verset 4.---« Tendres compassions. » Je ne crois pas pouvoir mieux faire que de vous raconter un petit incident survenu à Stirling, ma ville natale. Des ouvriers faisaient sauter à l’explosif le rocher du château, près de l’endroit où il jouxte une promenade ouverte sur la rue. La charge avait été disposée et la mèche allumée ; on s’attendait d’un instant à l’autre à l’explosion. Soudain, contournant d’un pas trottinant la grande paroi de la falaise, parut un petit enfant qui se dirigeait droit vers la mèche enflammée. Les hommes crièrent — c’était de la compassion — et la terreur même qui perçait dans leurs cris effraya et désorienta le pauvre petit. Entre-temps, la mère était également apparue au détour du rocher ; en un instant, elle vit le danger, ouvrit tout grands ses bras et s’écria du fond du cœur : « Viens à moi, mon chéri » — voilà qui était une tendre compassion. Aussitôt, ses petits pieds frappant vivement le sol, ses petits bras tendus vers ceux de sa mère et ses yeux pleins de larmes répondant au regard maternel, l’enfant rebroussa chemin en courant et ne s’arrêta qu’une fois serré contre le sein de sa mère. Sa profusion de cheveux dorés s’y répandait, et ses lèvres rouges comme le corail se pressaient contre les lèvres maternelles que la frayeur avait rendues livides, tandis que le cœur de la mère se fondait en larmes à la pensée d’une délivrance obtenue au milieu d’un si grand péril. Car il s’en était fallu d’à peine une seconde, comme l’annonça le fracas du rocher pulvérisé.
---Alexander B. Grosart, dans « Le Pasteur et l’Auxiliaire de la joie », 1865.
Verset 5. — « Qui rassasie ta bouche. » Le mot traduit par « bouche » est עֶדְיֵךְ. Dans notre version, il est rendu par ornements dans tous les autres passages — au nombre de onze — où il apparaît, sauf ici et au Ps 32:9, où il est traduit par « bouche ». Même dans ce dernier passage, il devrait proprement être traduit par ornement ; et ici, le sens paraît être : ton ornement, ce qui fait ta gloire, ton esprit (Ps 16:9 ; 62:8). Il est vrai que c’est à l’âme, נַפְשִׁי, que le psalmiste s’adresse ici (Ps 103:1) ; mais l’esprit peut être appelé l’ornement ou la gloire de l’âme.
— Christopher Wordsworth.
Verset 5. « Il rassasie ta bouche. » Kimchi comprend cette expression comme évoquant le rétablissement de David après une maladie. Dans la maladie, l’âme prend en horreur le pain, et même les mets les plus délicats (Job 33:20). Le médecin, lui aussi, restreint le régime du malade et lui prescrit des aliments répugnants au palais. Le commentateur suppose donc que David décrit ici la bénédiction de la santé en disant que sa bouche est remplie de bonnes choses.
— Note éditoriale sur Calvin, ad loc.
Verset 5. — « Il rassasie. » Dieu peut rassasier l’âme de telle sorte que chacune de ses fentes et de ses moindres cavités soit remplie de joie spirituelle.
— Thomas Fuller.
Verset 5. — « De bonnes choses. » Remarquez de quoi le Seigneur rassasie : de « bonnes choses ». Non pas de choses somptueuses, ni de choses nombreuses, ni de tout ce que je demande, mais de « bonnes choses ». Tous mes besoins sont pleinement comblés, et tout est « bon ». La bonté, c’est Dieu qui se manifeste. Toutes ses bénédictions participent de sa propre nature. Ce sont de saintes bénédictions, de saintes grâces. Tout ce qui rassasie doit porter en soi la nature de Dieu. Rien d’autre ne pourra jamais « rassasier ». Le cœur a été créé pour Dieu, et Dieu seul peut répondre à son attente.
— Frederick Whitfield, 1874.
Verset 5. — « Ta jeunesse se renouvelle comme celle de l’aigle. » Une ancienne fable prétend que l’aigle est capable de renouveler sa jeunesse lorsqu’il est devenu très vieux, et ce Psaume y ferait poétiquement allusion. Mais cette idée repose sans doute, en réalité, sur la grande longévité de l’oiseau et sur la faculté qu’il partage avec les autres oiseaux de renouveler périodiquement son plumage, accroissant ainsi sa force et son activité.
— Hugh Mac Millan1.
Verset 5. — « Ta jeunesse se renouvelle comme celle de l’aigle. » — L’Écriture ne connaît nullement l’idée selon laquelle l’aigle, parvenu à la vieillesse, renouvelle sa jeunesse. Ésaïe 40:31, passage que l’on invoque communément à ce propos, ne contient rien de tel ; il y est plutôt question du vol puissant de l’aigle : « Ils prennent leur essor avec des ailes comme les aigles ; ils courent et ne se fatiguent point. » Cela ressort clairement du parallélisme : voler, courir, marcher.
— E. W. Hengstenberg.
Verset 5. — « Ta jeunesse se renouvelle comme celle de l’aigle. » Ton activité se renouvellera comme celle de l’aigle. Autrement dit, jour après jour, il recevra des forces nouvelles et croîtra en vigueur, afin de prospérer et de s’épanouir comme l’aigle. La comparaison avec l’aigle ne porte pas sur le rajeunissement, mais sur la vigueur et l’activité qui se renouvellent continuellement ; comme le dit Ésaïe 40:31 : « *Ceux qui se confient en l’*ÉTERNEL renouvellent leur force ; ils prennent leur essor avec des ailes comme les aigles. »
— Hermann Venema.
Verset 5. — « Ta jeunesse se renouvelle comme celle de l’aigle. » Ce renouvellement de sa jeunesse peut se comprendre de trois manières. Premièrement, quant à son état naturel, c’est-à-dire à sa force physique. Deuxièmement, quant à son état civil, c’est-à-dire à ses succès dans le monde, à son honneur et à sa renommée royale. Troisièmement, quant à son état spirituel, c’est-à-dire à l’accroissement de ses dons, de ses grâces et de ses consolations. Il est probable que David avait constaté un déclin dans tous ces domaines et qu’enfin, par la bonté de Dieu et la bénédiction divine reposant sur lui, il les avait tous vus passer de la vieillesse à une jeunesse nouvelle, semblable à celle des aigles.
— Joseph Caryl.
Verset 5. — « Ta jeunesse se renouvelle comme celle de l’aigle. » Si hardie que puisse paraître l’expression, nous n’en disons pas trop lorsque nous parlons d’une jeunesse éternelle comme du glorieux privilège du pieux serviteur du Seigneur — mais de lui seul. Tout ce qui, à juste titre, charme et captive dans l’apparence de la jeunesse se retrouve à un degré supérieur là où la vie spirituelle se développe sans entrave dans la communion avec Dieu. L’innocence de la jeunesse vous attire-t-elle ? Dans la vie naturelle, elle n’est que trop souvent une apparence trompeuse ; mais, dans la vie de l’âme, elle revient dans une certaine mesure lorsque le cœur est purifié par la puissance du Saint-Esprit et que la vie est renouvelée conformément à celle de Christ, le Seigneur. Les plaisirs de la jeunesse surpassent-ils, à vos yeux, tous les autres plaisirs d’ici-bas ? Soit ; pourtant, les soucis des années suivantes les chassent bien trop vite, tandis qu’une joie exempte d’inquiétude peut demeurer jusque dans les jours sombres au sein du cœur sur lequel, par la foi, est descendue la paix de Dieu. La force de la jeunesse vous paraît-elle désirable ? Ah ! chaque jour confirme la vérité de ces paroles : « Les jeunes gens se fatiguent et se lassent » ; mais, même lorsque la force naturelle a depuis longtemps dépassé son apogée, le chrétien se sent souvent élevé par une puissance d’en haut qui le porte au-dessus de la faiblesse physique ; et ce qu’aucune vigueur des tendons ni des muscles ne pourrait accomplir est obtenu par la puissance d’une foi entière. Oui, même ce magnifique développement que vous offre la période de la jeunesse, vous ne le chercheriez pas en vain chez l’homme qui, appuyé sur la main de Dieu et oubliant ce qui est en arrière, s’élance en avant, de lumière en lumière, de force en force, de félicité en félicité. Enfin, comment l’espérance, qui fait battre le jeune cœur de joyeux élans, pourrait-elle lui manquer ? L’homme charnel voit bientôt derrière lui la plus belle part de la vie ; l’homme spirituel l’a toujours devant lui. Et, comme l’aigle, ce dernier peut souvent s’élever au-dessus de la basse atmosphère qui l’entoure jusqu’à l’éther pur et limpide, d’où, déjà, se révèle à lui dans le lointain non seulement l’image, mais l’ineffable réalité d’une joie plus que terrestre.
La jeunesse éternelle peut désormais être, bien plus encore que pour David, le partage de tout chrétien — mais d’eux seuls. Sans la foi et l’espérance dans le cœur, même la plus courageuse résolution de rester toujours jeune, ou du moins de le rester aussi longtemps que possible, doit céder devant la première grande tempête de la vie. Pourtant, même lorsque la foi et l’espérance ne nous sont pas étrangères, d’où vient que notre vie spirituelle ressemble si peu souvent à l’« aigle » dont il est ici question, et si fréquemment au « passereau solitaire sur un toit » mentionné au Ps 102:7 ? Serait-ce parce que nous nous laissons trop peu rassasier des bonnes choses dont David venait de parler, c’est-à-dire parce que nous vivons si peu des biens les meilleurs que Dieu puisse accorder : sa Parole, son Esprit et sa grâce ? C’est seulement par eux que nous parvenons à cette seconde naissance durable dont l’aigle est l’emblème, et dont une jeunesse de cœur qui ne se flétrit jamais est le fruit inestimable. Vous qui êtes jeunes par les années, recherchez cette jeunesse immortelle plus que toutes les joies du printemps de la vie ! Vous qui avez atteint l’âge mûr, retrouvez-la dans une communion vivante avec celui qui renouvelle toutes choses au-dedans de vous ! Vous, vieux amis de Dieu et de son Christ, conservez-la comme votre plus belle couronne ici-bas et comme le gage de votre félicité céleste. Et toi, chrétien qui t’assieds inconsolable, souviens-toi : l’aigle laisse retomber ses ailes seulement pour reprendre ensuite un essor plus vigoureux !
— J. J. Van Oosterzee, dans « L’Année du salut », 1874.
Verset 6. — « *L’*ÉTERNEL accomplit des œuvres de justice », etc. S’élevant des bénédictions personnelles aux bénédictions générales, le fait qui embrasse tout — et qui demeure éternellement à la gloire de Dieu — est sa compassion pour ceux qui souffrent et sont opprimés, ainsi que son intervention prompte et efficace en leur faveur. Qui refuserait de le louer, lui qui prend soin avec tant de bonté et de gloire de ceux qui subissent les cruelles injustices d’oppresseurs méchants ?
— Henry Cowles.
Verset 7. — « Il a fait connaître ses voies à Moïse. » Lorsque Moïse monta sur le mont Sinaï et y demeura auprès de Dieu pendant quarante jours, nous pouvons bien penser que Dieu lui révéla durant ce temps de nombreux secrets et, en particulier, qu’il lui « fit connaître ses voies » (Ex 33:19) : non seulement les voies dans lesquelles il veut que nous marchions, mais aussi celles qu’il suit lui-même, ainsi que la conduite qu’il adopte dans le gouvernement des affaires du monde ; pourquoi il permet aux méchants de prospérer et aux hommes pieux d’être opprimés. Ces « voies », il les fit connaître à Moïse ; aux enfants d’Israël, il ne fit connaître que « ses œuvres ». Il leur montra les faveurs merveilleuses qu’il leur accorda dans le désert, et telle fut sa justice ; mais il ne leur révéla ni ses voies ni la conduite qu’il y suivait. Ils ne virent que l’issue des événements ; ils n’en virent pas les raisons, comme Moïse les vit.
— Sir Richard Baker.
Verset 8. — « Miséricordieux et compatissant, lent à la colère et riche en bonté. » Ô mon âme, quatre attributs de Dieu sont mentionnés ici, et tous nous sont si nécessaires que nous ne pourrions nous passer d’un seul. S’il n’était pas « miséricordieux », nous ne pourrions espérer aucun pardon ; et s’il n’était rien de plus que miséricordieux, nous ne pourrions espérer rien de plus que le pardon. Mais puisqu’en plus d’être miséricordieux il est aussi « compatissant », cela nous donne une espérance supplémentaire : celle d’un don gratuit ; et alors, il ne s’agira pas de ce que nous sommes dignes de recevoir, mais de ce qu’il convient qu’il donne. S’il n’était pas « lent à la colère », nous ne pourrions espérer aucune patience de sa part ; mais puisqu’en plus d’être lent à la colère il est aussi « plein de compassion », cela nous fait espérer qu’il sera le bon Samaritain : non seulement il pansera nos blessures, mais il veillera encore à notre guérison complète. Qu’importe qu’il nous réprimande et s’irrite pendant quelque temps ? Il nous suffit de patienter un peu avec lui, comme lui-même a si longtemps patienté avec nous.
— Sir R. Baker.
Verset 8. — « Lent à la colère. » Dans l’Écriture, la lenteur et la promptitude à se mettre en colère sont exprimées par la disposition différente des narines. Ainsi, lorsque le Seigneur est appelé « lent à la colère », l’hébreu dit littéralement : long de narines.
— Joseph Caryl.
Verset 8.---« Riche en bonté. » וַב־חָסֶד, « grand et puissant en bonté » : il place sa gloire suprême dans cet attribut et nous enseigne ainsi comment mesurer la véritable grandeur.
---George Horne.
Verset 8.---« Riche en bonté. » Il est merveilleusement satisfaisant et agréable au cœur de l’homme de pouvoir puiser sans cesse dans un immense trésor. C’est de là que viennent ces dictons : Il n’est de pêche pareille à celle qui se fait en mer, ni de service pareil à celui d’un roi ; car, dans le premier cas, on trouve la plus grande abondance du plaisir que recherchent les pêcheurs ; et, pour ceux qui servent et doivent vivre de leur service, rien ne vaut le service des princes, puisqu’ils disposent d’une abondance de récompenses et d’occasions de rétribuer ceux qui les servent et se tiennent auprès d’eux... C’est pour la même raison que les Écritures, en plusieurs endroits, ne se contentent pas d’affirmer et d’attester que Dieu est « miséricordieux » et « compatissant », mais déclarent qu’il est riche en miséricorde et plein de grâce ; elles ne disent pas simplement que la rédemption se trouve auprès de lui, mais qu’elle s’y trouve en abondance. Ps 86:5 ; 130:7 ; És 55:7 : « Que le méchant abandonne sa voie », etc. ; « Qu’il retourne à l’Éternel, qui aura compassion de lui, à notre Dieu, qui pardonne abondamment. » Ce dont nous avons besoin, c’est de miséricorde et du pardon de nos péchés, parce que nous avons été des créatures impies et éloignées de Dieu ; or, ce bien se trouve en abondance auprès de Dieu. Il y est amassé comme les eaux le sont dans le vaste réservoir de la mer ; les trésors de sa grâce, de sa miséricorde, de son pardon et de sa compassion sont sans fin. Aucun homme dans le besoin ne préférerait, pour recevoir du secours, se présenter à la porte d’un pauvre plutôt qu’à celle d’un riche, s’il savait le riche aussi généreux et bien disposé que peut l’être le pauvre.
---John Goodwin, sur le thème « Être rempli de l’Esprit ».
Verset 9.---« Il ne conteste pas sans cesse. » Il est assurément aussi désagréable à Dieu de réprimander qu’il nous est désagréable de l’être ; et il aime si peu la colère qu’il s’en débarrasse aussi vite qu’il le peut. S’il est lent à s’y livrer, il est tout aussi prompt à s’en détourner ; car les reproches font obstacle à la miséricorde, et la colère entrave la compassion. Rien ne déplaît autant à Dieu que de voir un obstacle barrer le chemin de sa miséricorde, ou une cause quelconque restreindre le libre cours de sa compassion. Nous pouvons donc être certains qu’il ne dressera pas lui-même un obstacle sur ce chemin par ses reproches, et qu’il ne restreindra pas sa compassion en entretenant sa colère.
---Sir R. Baker.
Verset 9 (seconde proposition).---« Garder éternellement sa colère » correspond à l’expression française : Je lui garde, Il me la garde (« Je le surveille, comme lui-même a guetté l’occasion de me jouer un mauvais tour »). Nous l’employons lorsque celui qui ne peut pardonner les torts qu’il a subis nourrit dans son cœur une vengeance secrète et attend l’occasion d’user de représailles. Or David nie que Dieu, à la manière des hommes, garde sa colère à cause des offenses qui lui ont été faites, puisqu’il daigne se réconcilier.
---Calvin.
Verset 10.---« Il ne nous traite pas selon nos péchés. » Avec une telle conduite de notre part, n’aurions-nous pas pu nous attendre à ce que Dieu nous retire les bienfaits de sa providence, nous prive de la communication de son Esprit, permette que les moyens de grâce demeurent sans fruit pour nous, laisse nos tentations se multiplier et nous abandonne à un état d’égarement définitif ? Et alors, tandis que nos cœurs sombreraient enfin dans un abattement trop naturel, n’aurions-nous pas cru l’entendre nous dire aujourd’hui : « Ta méchanceté te châtiera, et tes infidélités te reprendront. Sache donc et vois combien il est mauvais et amer que tu aies abandonné l’Éternel, ton Dieu, et que tu n’aies aucune crainte de moi, dit le Seigneur, l’Éternel des armées. »
---Baptist W. Noel, 1798-1873.
Verset 10.---« Il ne nous traite pas selon nos péchés. » Pourquoi Dieu ne nous a-t-il pas traités selon nos péchés ? N’est-ce pas parce qu’il en a traité un autre selon nos péchés ? Un autre qui a pris nos péchés sur lui, et dont il est dit : « Dieu l’a châtié dans l’ardeur de sa colère. » Et pourquoi l’a-t-il châtié, sinon à cause de nos péchés ? Ô Dieu de grâce, tu es trop juste pour te venger deux fois des mêmes fautes ; c’est pourquoi, ayant déversé sur lui l’ardeur de ta colère, tu ne la déverseras pas aussi sur nous. Mais, l’ayant rétribué selon nos iniquités, tu nous rétribueras maintenant selon ses mérites.
---Sir R. Baker.
Verset 10.---Développez cette terrible supposition ; montrez les raisons pour lesquelles elle ne s’est pas encore réalisée ; suggérez ensuite qu’elle pourrait néanmoins devenir une effroyable réalité, puis exhortez les coupables à rechercher la miséricorde.
Verset 11.---Notre esprit ne saurait trouver de comparaison assez vaste pour exprimer la surabondante miséricorde du Seigneur envers son peuple.
---David Dickson.
Verset 12.---« Autant l’orient est éloigné de l’occident. » Selon Kimchi, l’image tirée de la distance entre l’orient et l’occident a été choisie parce que ces deux directions du monde offrent la plus grande étendue, puisque tout cet espace est connu et habité. C’est pourquoi les géographes calculent les longitudes d’orient en occident, comme ils calculent les latitudes du nord au sud.
---Henry Hammond.
Verset 12.---Quand le péché est pardonné, il n’est jamais imputé de nouveau ; sa culpabilité ne peut pas davantage revenir que l’orient ne peut devenir l’occident, ou l’occident devenir l’orient.
---Stephen Charnock.
Verset 13.---« Comme un père a compassion de ses enfants », etc. Dans un port américain, un aumônier des marins rendit visite à un matelot qui semblait près de mourir. Il lui parla avec bonté de l’état de son âme et l’exhorta à se jeter dans les bras de Jésus. Le malade lui ordonna, en jurant, de s’en aller. L’aumônier lui dit alors qu’il devait se montrer fidèle envers lui, car, s’il mourait sans repentance, il serait perdu pour toujours. L’homme resta maussade et silencieux, puis fit semblant de s’endormir. L’aumônier renouvela plusieurs fois sa visite, avec le même insuccès. Enfin, soupçonnant que le marin était écossais, il récita une strophe de l’ancienne version des Psaumes :
Comme un père a compassion
De ses enfants bien-aimés,
Ainsi le Seigneur a pitié
De ceux qui le craignent.
Des larmes jaillirent des yeux du marin tandis qu’il écoutait ces paroles. L’aumônier lui demanda s’il n’avait pas eu une mère pieuse. L’homme éclata en sanglots. Oui, bien des années auparavant, sa mère lui avait enseigné ces paroles et avait aussi prié Dieu pour lui. Depuis lors, il avait erré sur mer et sur terre ; mais le souvenir de la foi et de l’amour de sa mère toucha son cœur. Les appels qui lui furent adressés furent bénis par l’Esprit de Dieu. Sa vie fut épargnée, et elle démontra la réalité de sa conversion.
Verset 13.---« Comme un père. » Il faut remarquer dans ce verset quelle sorte de miséricorde le prophète attribue à Dieu. Il ne dit pas : Comme un homme a pitié d’un autre homme, comme le riche du pauvre, comme le fort du faible, comme l’homme libre du captif ; mais il mentionne la compassion qu’un père éprouve pour son fils, laquelle est la plus grande de toutes. Le mot רַחַם lui-même confirme cette interprétation, puisqu’il signifie proprement viscarum commotis, « l’émotion des entrailles ». Nous en avons un exemple en 1 R 3:23-27, dans le cas de la femme qui ne put supporter que son enfant fût mis à mort... Puis, plus tard, dans le cas du père de l’enfant prodigue, Lc 15:11-32.
---Musculus.
Verset 13.---« Comme un père a compassion de ses enfants. » Le père a compassion de ses enfants lorsqu’ils manquent de connaissance, et il les instruit ; il a compassion d’eux lorsqu’ils se montrent récalcitrants, et il les supporte ; il a compassion d’eux lorsqu’ils sont malades, et il les console ; lorsqu’ils sont tombés, il les relève ; lorsqu’ils ont offensé et qu’ils se soumettent, il leur pardonne ; lorsqu’ils ont subi une injustice, il leur rend justice. Ainsi, « l’Éternel a compassion de ceux qui le craignent ».
---Matthew Henry.
Verset 13.---« Ainsi l’Éternel a compassion, » etc. Ainsi, et dix mille fois davantage encore. Car il est le « Père de toutes les miséricordes » et le Père de toute paternité dans les cieux et sur la terre. Ép 3:15.
---John Trapp.
Verset 13.---« L’Éternel a compassion. » Bien que l’on dise communément : « Mieux vaut être envié que plaint », il n’en est pas ainsi dans le cas présent : il est infiniment plus heureux d’être l’objet de la compassion de Dieu que de l’envie des hommes.
---Sir R. Baker.
Verset 13.---« Ceux qui le craignent. » La crainte de Dieu est cette déférence envers Dieu qui vous conduit à subordonner votre volonté à la sienne ; qui vous rend attentif à lui plaire ; repentant à la vue de votre obstination passée ; heureux de sa faveur présente ; transporté par son amour ; plein d’espérance en sa gloire.
---George Bowen.
Verset 13.---« Ceux qui le craignent. » On peut entendre par là ceux qui n’ont pas encore « reçu l’Esprit d’adoption », mais qui « tremblent à sa parole » : ceux-là, il en « a compassion ».
---Matthew Henry.
Versets 13-14.---Un bon père ne chasse pas son enfant parce qu’il est faible et maladif ; au contraire, il redouble d’indulgence à mesure que les besoins de celui-ci réclament davantage de secours. Si son estomac refuse la nourriture ou ne peut la digérer, le mettra-t-il à la porte ? Non ; lorsque le fils de la Sunamite se plaint de la tête, elle le prend sur son sein. Une mère est bonne envers tous les fruits de ses entrailles, mais elle témoigne une tendresse toute particulière à l’enfant malade : quand il reste étendu, les yeux fixés sur elle, incapable d’exprimer sa douleur ou de demander ce qu’il désire, sa compassion en est redoublée : « Ainsi le Seigneur a compassion de nous, se souvenant de notre nature et considérant que nous ne sommes que poussière » ; il sait que notre âme agit au moyen d’un instrument infirme, et c’est pourquoi il n’exige pas d’un être composé d’éléments terrestres ce qu’il exige des esprits angéliques. On commande au fils de reproduire soigneusement un modèle ; il fait de son mieux, mais reste bien loin de l’original ; pourtant, le père ne le réprimande pas, il l’encourage. Ou bien il lui donne un arc et des flèches, et lui ordonne de viser une certaine cible ; l’enfant bande l’arc de toutes ses forces et décoche joyeusement la flèche : celle-ci retombe bien avant la cible, mais le fils est néanmoins félicité, et le père est satisfait. La tentation nous assaille, la convoitise nous meurtrit, les affaires de ce monde nous distraient ; notre faiblesse revêt mille formes, mais elle ne dépasse pas la capacité de pardon de notre Père : « Il nous épargnera comme un homme épargne son fils qui le sert », Ml 3:17.
---Thomas Adams.
Verset 14.---« Il connaît notre nature. » « Notre constitution » ; la manière dont nous sommes formés et les matériaux dont nous sommes faits.
---Adam Clarke.
Verset 14.---« Il connaît notre nature ; il se souvient que nous sommes poussière. » Il n’est pas semblable à quelque empirique ignorant qui n’aurait qu’un seul remède pour tous, forts ou faibles, jeunes ou vieux ; mais, tel un médecin avisé, il examine son patient avant de rédiger son ordonnance. Les hommes et les démons ne sont que les apothicaires de Dieu : ils ne composent pas eux-mêmes notre remède, mais administrent ce que Dieu prescrit. Balaam aimait fort la récompense de Balak, mais il ne pouvait s’écarter, fût-ce de l’épaisseur d’un cheveu, de la mission que Dieu lui avait confiée.
---William Gurnall.
Verset 14.---« Il se souvient que nous sommes poussière. » C’est comme si la matière même dont l’homme fut d’abord formé, alors qu’il était encore sans péché, constituait déjà pour lui un désavantage dans sa résistance au péché. C’était un désavantage avant même que le péché fût en lui ; combien plus l’est-ce maintenant, alors que la plupart des hommes n’ont en eux que péché, et que les meilleurs en ont encore beaucoup ! « Ce qui est né de la chair, dit Christ, est chair. » Une nature corrompue ne peut produire que des actes corrompus.
---Joseph Caryl.
Verset 14.---Nous sommes poussière.
Ô comme, dans ce chœur d’âmes qui est tien, je demeure,
---Soutenu par ta main---
Moi, simple tas de sable !
Des pensées agitées---pareilles aux vents---me disperseraient tout entier,
Et m’emporteraient au loin,
N’était ta puissance ;
Ta main seule sait dompter
Ces rafales et maintenir mon être assemblé.---Henry Vaughan.
Versets 14, 16.---« Nous sommes poussière. » Je ne vois jamais l’une de ces colonnes de poussière en spirale qui, tel un simoun miniature, se précipitent le long de la route par une journée venteuse, sans penser : « Voilà une image de la vie. » Remarquez que la « colonne » apparente n’est qu’un état, un état actif, des particules de poussière, lesquelles changent continuellement. Sa forme dépend de ce mouvement incessant. Le sable pesant flotte sur l’air impalpable tant qu’il participe à son mouvement ; que celui-ci cesse, et le sable retombe. Ainsi les lourdes mottes du champ, frappées par une force, prennent des ailes, s’élèvent dans la vie et participent un temps à sa course rapide ; puis, lorsque la force est épuisée, elles retombent dans leur état premier. Un tourbillon, un flux entretenu par des forces extérieures et qui cesse lorsqu’elles se retirent : telle est notre vie.
---James Hinton, dans « Pensées sur la santé et quelques-unes de ses conditions », 1871.
Verset 15.---« L’homme. » L’insignifiance de l’homme est particulièrement mise en relief ici par l’emploi du terme ÉNOSH.
---Robert Baker Girdlestone.
Verset 15.---L’homme, dit Job, paraît comme une fleur, puis il est coupé ; il est envoyé dans le monde comme la partie la plus belle et la plus noble des œuvres de Dieu, façonné à l’image de son Créateur pour ce qui concerne la raison et les grandes facultés de l’esprit ; il paraît glorieux comme la fleur des champs. De même que celle-ci surpasse en beauté tout le règne végétal, ainsi l’homme surpasse le règne animal par la gloire et l’excellence de sa nature. La fleur, si aucun accident prématuré ne vient l’accabler, atteint bientôt le plein degré de sa perfection ; il lui est permis de triompher quelques instants, puis elle est arrachée par les racines au moment même où son être déploie le plus de fierté et d’éclat. Ou bien, si elle échappe aux mains de la violence, elle dépérit nécessairement d’elle-même au bout de quelques jours et meurt. Il en va de même pour l’homme : bien que ses progrès soient plus lents et sa durée quelque peu plus longue, les étapes de sa croissance et de son déclin sont presque identiques, tant par leur nature que par leur déroulement. S’il échappe aux dangers qui menacent ses plus tendres années, il parvient bientôt à la pleine maturité et à la vigueur de la vie ; et s’il a le bonheur de ne pas en être alors précipité par des accidents, par sa propre folie ou son intempérance, s’il échappe à tout cela, il décline naturellement de lui-même. Une limite approche rapidement, au-delà de laquelle il n’a pas été créé pour subsister. Il ressemble aux fleurs ou aux fruits que l’on peut arracher de force avant leur maturité, mais que l’on ne peut faire survivre au temps où ils doivent se flétrir et tomber d’eux-mêmes. Lorsque ce moment arrive, la main de la nature les détache l’un et l’autre ; aucun art du botaniste ne peut soutenir la fleur, ni aucune science du médecin préserver l’homme au-delà des limites auxquelles leur structure et leur constitution originelles étaient destinées à parvenir. De même que Dieu a fixé et déterminé les diverses phases de croissance et de déclin du règne végétal, il semble avoir tout aussi clairement prescrit les mêmes lois à l’homme, ainsi qu’à toutes les créatures vivantes. Dans leurs premiers rudiments sont contenues les puissances particulières qui déterminent leur croissance, leur durée et leur extinction ; et lorsque le déploiement de ces forces animales arrive à son terme et s’épuise, la créature expire et meurt d’elle-même, comme le fruit mûr tombe de l’arbre, ou comme une fleur conservée au-delà de son épanouissement tombe de sa tige et périt.
---Laurence Sterne, 1713-1768.
Verset 15.---Le Psalmiste dit de l’homme : « Comme une fleur des champs, ainsi il fleurit. » Il ne s’agit pas d’une fleur du jardin, mais d’une fleur des « champs ». Cette dernière est plus exposée au dépérissement que la première, parce qu’elle se trouve davantage livrée à l’air mordant, aux vents violents et à la gueule des bêtes qui la broutent ; elle risque aussi davantage d’être foulée aux pieds. Elle dépérit par tous ces moyens, aussi bien que sous l’ardeur du soleil et du fait de sa propre nature périssable.
---John Edwards, dans « Theologia Reformata. »
Verset 15.---Comme une fleur des champs.
Qu’est-ce que la vie ? Une fleur qui porte en son sein son fléau,
Aujourd’hui pleine de promesses---demain elle meurt !---
Et la santé---semblable à la goutte de rosée suspendue à sa corolle---
Ne survit qu’une nuit, puis s’exhale vers les cieux !
Combien de fois, sous le bouton le plus éclatant et le plus beau,
Se cachent déjà les germes du chancre !
Combien de fois, à la racine de la fleur la plus rare---
Bien à l’abri dans son embuscade, le ver poursuit son œuvre !---James Beattie, 1735-1803.
Verset 16.---« Le vent passe sur elle, et elle n’est plus », etc. Un souffle d’air, un vent léger (רוּחַ), passe sur lui, et il n’est plus. Il ne serait pas si étonnant qu’une tempête ou un tourbillon l’emporte en passant sur lui. Mais le Psalmiste veut dire bien davantage. Le plus léger contact, la brise qui murmure, suffit à l’emporter. Bientôt, il devient un étranger, inconnu désormais dans le petit espace qu’il occupait autrefois par ses allées et venues.
---Henry Cowles.
Verset 16.---« Le vent passe sur elle, et elle n’est plus. » Il est bien connu qu’en Orient un vent brûlant détruit instantanément toute verdure. Il n’y a là rien d’étonnant si, comme le dit le Dr Russell, les vents « apportent parfois avec eux un degré et une sorte de chaleur que l’on croirait sortis d’un four et qui, lorsqu’ils soufflent avec force, échauffent les objets métalliques à l’intérieur des maisons, tels que les serrures des portes, presque autant que s’ils avaient été exposés aux rayons du soleil ». L’effet destructeur auquel il semble être fait allusion ici, celui de certains vents pestilentiels sur le corps humain, n’est nullement exagéré par la comparaison avec le soudain flétrissement d’une fleur. Maillet rapporte que des centaines de personnes d’une caravane furent étouffées sur place par le feu et la poussière dont semble être composé le vent mortel qui règne parfois dans les déserts de l’Orient. Sir John Chardin décrit ce vent « comme produisant un grand sifflement » et affirme qu’« il paraît rouge et embrasé, et tue ceux qu’il frappe en les étouffant d’une certaine manière, surtout lorsqu’il survient pendant la journée ».
---Richard Mant.
Verset 16.---« Son lieu ne la reconnaît plus », etc. Une fois réduit en poussière, l’homme est emporté par tous les vents, d’un lieu à l’autre ; et lorsque la poussière retombe quelque part, que sait ce lieu ? S’agit-il de la poussière d’un prince ou de celle d’un paysan ? De celle d’un homme ou de celle d’une bête ? L’homme ne doit-il donc pas nécessairement être bien misérable lorsque le temps et le lieu, les deux meilleurs soutiens de la vie, l’abandonnent tous deux ? Quel secours peut-il tirer du temps, puisque ses jours sont comme l’herbe ? Quel secours peut-il attendre du lieu, puisque son propre lieu le renie et ne veut plus le reconnaître ?
---Sir R. Baker.
Verset 17.---« Mais la bonté du Seigneur dure d’éternité en éternité. » Aucune bienveillance humaine ne demeure perpétuellement la même ; l’expérience nous montre que ceux qui sont bons aujourd’hui peuvent devenir des tyrans demain. Nous en avons des exemples dans la vie de Néron et dans celle de bien d’autres souverains. Ainsi, de peur que nous ne soupçonnions la bonté de Dieu de pouvoir subir un semblable changement, il nous est déclaré, pour notre inconcevable consolation, qu’elle ne cessera jamais, mais qu’elle demeure à jamais préparée pour tous ceux qui craignent et servent Dieu.
---Musculus.
Verset 17.---« D’éternité en éternité. » Dès l’éternité, par la prédestination ; jusque dans l’éternité, par la glorification : l’une est sans commencement, l’autre sans fin.
---Bernard.
Verset 18.---« Pour les mettre en pratique. » Il faut se souvenir des commandements afin de les observer ; leur publication n’a pas pour but une vaine spéculation.
---Stephen Charnock.
Verset 19.---« L’Éternel a établi son trône. » Le mot signifie aussi bien établi que préparé, et pourrait être ainsi traduit. Une préparation convenable est la voie naturelle qui mène à l’établissement d’une chose ; les résolutions précipitées se brisent et tombent en poussière. Cela indique :
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Le caractère propre de son autorité. C’est lui qui prépare son trône, et nul autre ne le fait pour lui. Cette domination réside originellement dans sa nature ; elle ne lui vient de personne, ni par naissance ni par délégation : lui seul l’a préparée. Il est l’unique cause de son propre royaume ; son autorité est donc sans bornes, aussi infinie que sa nature. Personne ne peut lui imposer de lois, puisque nul autre que lui-même n’a préparé son trône. De même qu’il ne portera pas atteinte à son propre bonheur, il ne retranchera rien non plus de sa propre autorité.
-
Sa disposition à l’exercer lorsque l’occasion l’exige. Il a préparé son trône ; il n’est jamais pris au dépourvu et n’a pas besoin d’attendre de quiconque une mission ou des instructions sur la manière d’agir. Il tient tout prêt pour secourir son peuple ; il a des récompenses et des châtiments, ses trésors et ses haches, ces grands insignes de l’autorité, sont placés près de lui : les uns pour les bons, les autres pour les méchants. Il garde auprès de lui sa miséricorde pour des milliers, Ex 34.7 ; il tient prêtes ses flèches contre les rebelles, Ps 7.13.
-
La sagesse avec laquelle il l’administre. Son trône est préparé : toute préparation suppose de la prudence ; le gouvernement de Dieu n’est pas une autorité irréfléchie et impétueuse. Un prince sur son trône, un juge sur son siège, administre les affaires avec le plus grand discernement, ou du moins est censé le faire.
-
Son efficacité et sa durée. Il l’a préparé, ou établi. Il est affermi, sans chanceler ; c’est une domination inébranlable. Tous les efforts des hommes et des démons ne peuvent ni la renverser ni même l’ébranler. Elle est établie hors de portée des rebelles obstinés ; Dieu ne peut être déposé de son trône, ni vaincu dans l’exercice de son pouvoir. Sa domination, comme lui-même, subsiste éternellement. Son autorité demeurera, tout comme son dessein, et « il accomplira toute sa volonté », És 46.10.
---Stephen Charnock.
Verset 19.---« Son trône dans les cieux » désigne :
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La gloire de sa domination. Les cieux sont les parties les plus majestueuses et les plus belles de la création ; c’est là que sa majesté est la plus visible et sa gloire la plus éclatante, Ps 19.1. Dans le ciel, sa domination est davantage reconnue par les anges : elle n’y est pas contestée par les anges qui le servent, comme elle l’est sur la terre par les rebelles qui s’arment contre lui.
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La suprématie de son empire. Les cieux sont la partie la plus élevée de la création et le seul palais qui soit digne de lui.
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Le caractère propre de cette domination. Lui seul règne dans les cieux. Son autorité n’est déléguée à aucune créature ; il gouverne lui-même les esprits bienheureux. Mais les hommes qui se trouvent sur son marchepied, il les gouverne par d’autres êtres de la même espèce, des hommes partageant leur propre nature.
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L’immensité de son empire. La terre n’est qu’un point au regard des cieux. Qu’est-ce que l’Angleterre sur une carte du monde, sinon un point que l’on peut couvrir du doigt ? Combien moins encore la terre entière doit-elle paraître devant l’étendue des cieux ! Vous ne pouvez concevoir les innombrables millions de petites particules qui composent la terre ; et si, réunies, elles ne sont qu’un seul point par rapport au lieu où se trouve le trône de Dieu, combien son empire doit-il être immense ! Là, il règne sur les anges qui excellent en force, sur ces armées qui accomplissent sa volonté et au regard desquelles tous les hommes du monde, avec la puissance des plus grands souverains, ne sont pas plus forts qu’une fourmi ou une mouche. Et puisque son trône est dans les cieux, il s’ensuit que tout ce qui est sous les cieux fait partie de son domaine. Les réalités inférieures de la terre ne peuvent qu’être assujetties à lui ; cela implique nécessairement son influence sur tout ce qui est au-dessous, puisque les cieux sont la cause de tout mouvement dans le monde. Voir Os 2.21-22.
-
La facilité avec laquelle il administre ce gouvernement. Son trône étant placé dans les hauteurs, il ne peut manquer de voir tout ce qui se fait ici-bas ; l’élévation d’un lieu permet à un regard perçant de contempler ce qui se trouve au-dessous. « L’ÉTERNEL, du haut des cieux, regarde les fils des hommes, pour voir s’il y a quelqu’un qui ait de l’intelligence, » Ps 14.2. Il ne regarde pas du haut des cieux comme si sa présence y était enfermée ; il regarde d’en haut avec majesté et autorité.
-
Sa durée. Les cieux sont incorruptibles ; son trône y est placé dans un état incorruptible. Le trône de Dieu subsiste au-delà de la dissolution du monde.
---Abrégé de Charnock.
Verset 19.---« Son règne domine sur toutes choses. » Sa seigneurie est universelle.
Premièrement, elle s’étend sur tous les temps : les autres seigneurs meurent, mais lui est éternel. L’éternité est, à proprement parler, la durée d’un Être incréé. Ce terme s’emploie improprement soit pour des choses qui ont à la fois un commencement et une fin, comme les montagnes éternelles — l’Écriture contient plusieurs expressions de ce genre —, soit pour des choses qui ont un commencement, mais n’auront pas de fin ; ainsi les anges et les âmes des hommes sont éternels, tout comme la vie éternelle et le feu éternel. Mais Dieu se donne le nom de « JE SUIS », Ex 3.14 : je suis ce que j’ai été, j’ai été ce que je suis, et ce que je suis et ai été, je le serai. Cet attribut est incommunicable : toutes les autres choses ont eu un non esse avant leur esse, un non-être avant leur être ; et elles subissent une mutation qui les entraîne vers le néant. « Ceux qui te font la guerre seront réduits à rien », És 41.12 : toutes choses retombent dans le néant si elles ne sont soutenues par la main de Dieu. Mais « tu es le même, et tes années ne finiront point », Ps 102.27. Tu fais retourner l’homme à la poussière, puis tu dis : Revenez ! « D’éternité en éternité, tu es Dieu », Ps 90.2 ; le seul arbitre et la seule mesure du commencement et de la fin.
Deuxièmement, elle s’étend sur tous les lieux : le ciel, la terre et l’enfer, Ps 135.6. Les rois sont limités et ne peuvent accomplir bien des choses qu’ils désirent : ils ne peuvent ordonner au soleil de s’arrêter, ni au vent de souffler dans la direction qu’ils souhaitent. Aucun roi ne règne dans les hauteurs de l’air ni dans les profondeurs de la mer. On flatte sottement le pape en prétendant que ses bras sont assez longs pour atteindre le purgatoire — mais, en vérité, son pouvoir et ce lieu sont également imaginaires — ; Christ seul possède les clés de tous les lieux.
Troisièmement, elle s’étend sur toutes les créatures : il lie les influences des Pléiades et détache les liens d’Orion, Jb 38.31 ; il commande au feu, contre sa nature, de descendre, 2 R 1.12 ; il crée et gouverne les étoiles, Am 5.8 ; il maîtrise les lions, Dn 6.22 ; il envoie les météores, Ps 148.8 ; il enferme la mer derrière des barrières et l’emmaillote comme un enfant dans ses langes, Jb 38.8 ; il la divise, détourne son cours et la remplit. Au milieu du feu comme de l’eau, ces deux éléments furieux qui ne connaissent aucune pitié, il fait preuve de miséricorde ; il nous délivre de l’un et de l’autre, et au sein même de l’un et de l’autre. Il appelle les oiseaux, et ils viennent ; les bêtes, et elles entendent ; les arbres, et ils se mettent à pousser pour lui obéir. Il dispose d’un corbeau pour Élie, d’un ricin pour Jonas et d’un chien pour Lazare. Il fait en sorte que le léviathan, la plus énorme des créatures vivantes, préserve son prophète. Qu’un lion redoutable soit tué, comme il le fut par Samson ; qu’il ne tue pas, comme les lions épargnèrent Daniel ; ou qu’il tue sans dévorer, comme dans le cas de ce prophète, 1 R 13 : dans chacun de ces événements, le Seigneur était à l’œuvre. Il règne sur les métaux : il fait surnager le fer et fendre les pierres. Il règne sur les démons : ils doivent lui obéir, même contre leur gré. Mais ne se rebellent-ils pas continuellement contre lui et ne s’opposent-ils pas à sa volonté ? Ils s’opposent certes à sa volonté de bon plaisir, mais non à sa volonté permissive. Il n’existe donc aucun moment, pas même l’heure de la mort ; aucun lieu, pas même le plus cruel des tourments ; aucune créature, pas même le diable, dont le Seigneur ne puisse nous délivrer. En tout temps, en tout lieu et face à toute créature, mettons donc en lui notre confiance pour être délivrés.
---Thomas Adams.
Verset 19.---« Son règne domine sur toutes choses. » Lorsque Mélanchthon était extrêmement inquiet au sujet des affaires de l’Église de son temps, Luther voulut qu’on lui adresse cet avertissement : Monendus est Philippus ut desinat esse rector mundi : Que Philippe cesse donc de se faire le gouverneur du monde.
---David Clarkson.
Verset 20.---« Bénissez l’ÉTERNEL, vous ses anges, » etc. Le fardeau de la louange à offrir à Dieu est trop lourd pour que les hommes puissent le soulever ; quant aux anges, il leur faudra toute leur force et leurs meilleures facultés pour s’y employer.
---David Dickson.
Verset 20.---« Anges puissants en force, qui exécutez ses commandements. » La principale excellence des anges, la grande source de leur force et de leur puissance, ainsi que de leur immense supériorité sur l’humanité, est exposée dans les paroles qui suivent dans le texte. Après avoir décrit les anges comme puissants en force, le psalmiste ajoute qu’ils exécutent les commandements de Dieu, en obéissant à la voix de sa parole. Car là se trouve l’unique source vive d’une force et d’une puissance durables. Ceux qui accomplissent fidèlement et docilement la volonté de Dieu ont Dieu pour eux ; alors, qu’est-ce qui pourrait être contre eux ? Leur travail même les fortifie et ressemble à une marée qui les porte en avant, parce qu’il s’agit de son œuvre. Ceux, au contraire, qui s’opposent à la volonté de Dieu ont Dieu contre eux ; alors, qu’est-ce qui pourrait être pour eux ? Un homme peut-il repousser la mer ? Peut-il saisir le soleil et l’arracher à sa course ? Ce n’est qu’alors qu’il pourra espérer être fort en combattant contre la volonté de Dieu....
Nous voyons par là la fausseté de cette maxime si souvent répétée par ceux qui se glorifient de maîtriser la sagesse de ce monde : « La force fait le droit » — maxime qui renverse exactement la vérité et par laquelle le prince des ténèbres s’élève sans cesse contre le Seigneur du ciel. Le vrai principe, inversé et perverti par cette maxime mensongère — principe qui devrait être inscrit dans les salles du conseil des princes et sur les murs des sénats, principe qui explique le secret de la force des anges et, en vérité, de toute force véritable conforme à la volonté de Dieu — peut être exprimé par les mêmes mots, pourvu que nous en inversions l’ordre : le droit fait la force.
---Julius Charles Hare, 1849.
Verset 20.---« Ses anges qui exécutent ses commandements, » etc. Ils obéissent à la voix de sa parole ; ils regardent Dieu comme le grand Général, et, s’il donne un ordre, ils déploient leur force et se mettent volontiers à l’œuvre. Ils sont très attentifs à ses commandements : s’il dit : Allez frapper Hérode pour son orgueil, Balaam pour sa cupidité, David pour sa vaine gloire, Sanchérib pour son blasphème, et Sodome pour son impureté, aussitôt ils partent.
---William Greenhill.
Verset 20.---Commandements. Davar (דָּבַר), parler, est traduit vingt fois par « commander »... une communion personnelle directe entre le Seigneur et ses messagers semble être sous-entendue.
---R. B. Girdlestone.
Verset 20.---« Attentifs à la voix de sa parole. » Non seulement ils exécutent puissamment la parole après l’avoir entendue, mais ils demeurent toujours dans une écoute attentive, prêts à saisir la moindre indication de sa volonté.
---William Kay.
Verset 20.---« Attentifs à la voix de sa parole. » Les anges sont des créatures vigilantes ; ils guettent les occasions et, lorsqu’elles se présentent, ils ne les laissent pas échapper. Ils ne sommeillent ni ne dorment, mais écoutent constamment ce que dira le Seigneur et quelle occasion d’agir se présentera. Ainsi, en Éz 1:11, ils sont décrits les ailes déployées vers le haut, manifestant leur vigilance et leur empressement à servir. Lorsque Christ naquit, une multitude d’entre eux apparut et célébra sa naissance, Lc 2:13. Lorsque Christ fut arrêté par Judas et ceux qui l’accompagnaient, Pierre tira son épée pour défendre son Maître ; mais que dit Christ ? « Remets ton épée ; ce n’est pas maintenant le temps de combattre, mais de souffrir. Penses-tu que je ne puisse pas prier maintenant mon Père, qui me donnerait aussitôt plus de douze légions d’anges ? Ce n’est pas maintenant le temps de demander du secours ; je dois mourir, et l’Écriture doit être accomplie. Mais, si je le voulais, mon Père ordonnerait aux anges de venir à mon aide, et ils viendraient aussitôt, par légions entières, oui, tous les anges du ciel. » Apprenons des anges à guetter les occasions et à les saisir. Il est des moments précis où il faut accomplir l’œuvre de Christ.
---William Greenhill.
Verset 21.---« Bénissez l’ÉTERNEL, vous toutes, ses armées... qui faites sa volonté. » Le soleil, la lune, les étoiles et les planètes accomplissent « sa volonté » (Ps 19:1) sans en avoir conscience ; les « anges » l’accomplissent consciemment et avec un amour instinctif, car ils sont « attentifs à la voix de sa parole » (Ps 103:20). Ensemble, les uns et les autres constituent les armées de l’Éternel.
---A. R. Fausset.
Verset 22.---« Mon âme, bénis l’ÉTERNEL. » C’est-à-dire : « Que ta vocation soit celle des séraphins, ô mon âme, et entre dans la vie du ciel ! » Pourquoi le louerais-je ? Ma louange peut-elle lui procurer quelque avantage ? Non, pas plus que celle de toutes les armées célestes. C’est de sa part une condescendance infinie que de prêter l’oreille aux louanges de ses créatures les plus élevées.
Que je bénisse l’Éternel, car aucune fonction ne sera plus riche en bénédictions pour mon âme que celle-ci. Contempler avec admiration son excellence, c’est en réalité se l’approprier : le cœur ne peut trouver ses délices en Dieu sans devenir semblable à Dieu. Que je le fasse, parce que c’est le privilège particulier de l’homme sur cette terre que de bénir l’Éternel. Quand il cherche quelqu’un pour se joindre à lui dans cette œuvre, il doit monter jusqu’aux cieux. Que je le fasse, parce que la terre est remplie de tout ce qui peut nourrir la louange. Les sables, les mers, les fleurs, les insectes, les animaux, les oiseaux, les champs, les montagnes, les rivières, les arbres, les nuages, le soleil, la lune, les étoiles,---tous attendent que je traduise leurs qualités et leurs caractères distinctifs en louanges. Mais, par-dessus tout, il y a la nouvelle création.
Que je le fasse, parce que c’est de lui, par lui et pour lui que viennent toutes les choses qui se rapportent à mon existence, à ma santé, à mon bien-être, à ma connaissance, à ma dignité, à ma sécurité, à mes progrès, à ma puissance et à mon utilité. Mille de ses serviteurs, sur la terre, dans la mer et dans le ciel, concourent à produire et à préparer chaque bouchée que je mange. Le souffle qu’il m’est commandé et donné de moduler en louanges ne va ni ne vient sans manifester de la manière la plus étonnante la condescendance, la bonté, la sagesse, la puissance et la présence de celui que je dois louer. N’est-ce pas une lâcheté que de recevoir des bienfaits sans même mentionner le nom du donateur ni décrire sa bonté ? Que ceux qui aspirent au ciel bénissent l’Éternel. Il n’y a là-haut aucune place pour ceux qui n’ont pas appris cet art. Comment le louerai-je ? Non par des paroles recherchées. Aucun talent poétique n’est ici nécessaire : tout langage qui exprime l’admiration sincère du cœur sera accepté. Louez-le selon la mesure dans laquelle vous le connaissez, et il vous révélera davantage de sa gloire.
---George Bowen, 1873.
Verset 22.---La dernière mention est absolument universelle : « toutes ses œuvres, dans tous les lieux de son vaste empire »---tout ce qu’il a créé, que cela soit doué ou non d’intelligence ; « dans tous les lieux »---au-dessus, au-dessous, tout autour : au ciel, sur la terre ou en enfer ; que tout se joigne à ce chœur universel de louange et de bénédiction, exaltant Jéhovah, celui qui est souverainement grand et souverainement bon ! Et le psalmiste ne s’en exemptera pas lui-même, car ses responsabilités personnelles à l’égard de son propre cœur sont les plus élevées. Il conclut donc comme il avait commencé : « Mon âme, bénis l’ÉTERNEL. »
---Henry Cowles.
Verset 22.---« Mon âme, bénis l’ÉTERNEL. » Puisque le poète revient ainsi à sa propre âme, son psaume revient lui aussi sur lui-même et prend la forme d’un cercle qui se referme.
---Franz Delitzsch.
Verset 22.---« Bénissez l’ÉTERNEL, vous toutes, ses œuvres, dans tous les lieux de son empire ! Mon âme, bénis l’ÉTERNEL. » Nous sommes vivement frappés par cette transition soudaine entre « toutes les œuvres de Dieu, dans tous les lieux de son empire », et lui-même, individu solitaire. Certes, il s’était déjà inclus ; il s’était lui-même appelé à bénir Dieu lorsqu’il y avait appelé toutes les œuvres de Dieu, dans tous les lieux de son empire. Mais il semble qu’une crainte soudaine ait saisi le psalmiste : la crainte de pouvoir, d’une manière ou d’une autre, s’oublier lui-même. Ou, sinon une crainte, du moins la conscience que son ardeur même à appeler les autres à la louange risquait de lui faire oublier que lui aussi était tenu de louer Dieu, de le rendre paresseux dans ce devoir, ou de l’amener à tenir pour acquis qu’il ne pouvait lui-même négliger ce qu’il pressait avec tant d’insistance tous les ordres de la création d’accomplir. Voilà un grand sujet de réflexion. Salomon a dit : « On m’a faite gardienne des vignes, mais je n’ai pas gardé ma vigne à moi. » Hélas ! combien il est possible, combien il est facile de se donner de la peine pour les autres tout en se négligeant soi-même ; bien plus, de faire des efforts consentis pour les autres la raison même par laquelle nous nous persuadons que nous ne pouvons pas nous négliger nous-mêmes. Combien il est donc important, si, avec le psalmiste, nous appelons toutes les œuvres de Dieu, dans tous les lieux de son empire, à bénir l’Éternel ; combien il est important, dis-je, que nous ajoutions, comme des personnes résolues à s’examiner elles-mêmes et craignant de se tromper elles-mêmes : « Mon âme, bénis l’ÉTERNEL. »
---Henry Melvill.
Versets 1-2, 22.---« Mon âme, bénis l’Éternel... Mon âme, bénis l’Éternel, » avec cette parole : « Bénissez l’Éternel, vous toutes, ses œuvres, dans tous les lieux de son empire ! Mon âme, bénis l’Éternel, » Ps 103:22 ; ces deux passages forment la bénédiction répétée trois fois, qui descend de l’Éternel sur l’âme dans la formule mosaïque, Nb 6:24-26.
---A. R. Fausset.
Conseils au prédicateur de village
Verset 1.---
---Voir « Sermons de Spurgeon », no 1 078 : « Les saints bénissant l’Éternel ».
Verset 1.---
-
Nous devons bénir le Très-Haut lui-même. Il est possible de ne pas le bénir, tout en louant ses dons, sa parole, ses œuvres et ses voies.
-
Nous devons le bénir individuellement : « Mon âme. » Non pas seulement la famille par l’intermédiaire du père, ni le peuple par celui du pasteur, ni l’assemblée par celui du chœur, mais personnellement.
-
Nous devons le bénir spirituellement : « âme ». Non pas seulement par l’orgue, la voix, les offrandes, les œuvres, etc.
-
Nous devons le bénir sans réserve : « Tout ce qui est au-dedans de moi. »
-
Nous devons le bénir résolument. David pratiquait l’entretien avec soi-même, l’encouragement de soi-même et le commandement de soi-même.
---W. Jackson.
Verset 1.---Voici :
-
Un dialogue avec soi-même : « Ô mon âme. » Beaucoup parlent assez librement aux autres, mais ne se parlent jamais à eux-mêmes. Ils sont étrangers à eux-mêmes---ne sont pas en bons termes avec eux-mêmes---ne portent aucun intérêt à leur propre âme---sont mornes et mélancoliques lorsqu’ils sont seuls.
-
Une exhortation à soi-même : « Mon âme, bénis l’Éternel. » Ton Créateur, ton Bienfaiteur, ton Rédempteur.
-
Un encouragement adressé à soi-même : « Tout ce qui est au-dedans de moi »---chaque faculté de mon être intellectuel, moral et spirituel : comme un instrument à dix cordes---chaque corde vibrant à l’unisson. Nul besoin qu’une faculté de l’âme dise à une autre : « Connais l’Éternel, car tous le connaîtront, depuis le plus petit jusqu’au plus grand. »
---G. R.
Verset 1 (première proposition, et Ps 103:22, dernière proposition).---Le culte personnel est l’alpha et l’oméga de la religion.
---C. Davis.
Verset 2.---Rechercher les causes de nos fréquents oublis des bontés de l’Éternel, montrer le mal qui en résulte et proposer des remèdes.
Verset 3.---
-
Le pardon est en Dieu : « Le pardon se trouve auprès de toi. » Il est dans sa nature de pardonner le péché aussi bien que de le punir.
-
Il vient de Dieu. Nul autre que Dieu ne peut pardonner le péché. Nul autre que Dieu ne peut révéler le pardon.
-
Il est semblable à Dieu : complet, gratuit et éternel---« toutes tes iniquités ».
---G. R.
Verset 3.---« C’est lui qui guérit toutes tes maladies. »
- Pourquoi le péché est-il appelé une maladie ?
a. Parce qu’il détruit la beauté morale de la créature.
b. Parce qu’il provoque la douleur.
c. Parce qu’il rend incapable d’accomplir son devoir.
d. Parce qu’il conduit à la mort.
-
La diversité des maladies du péché auxquelles nous sommes sujets. Mc 7:21-23 ; Ga 5:19, etc.
-
Le remède par lequel Dieu guérit ces maladies.
a. Sa miséricorde qui pardonne par la rédemption de Christ.
b. Les influences sanctifiantes de la grâce.
c. Les moyens de grâce.
d. La résurrection du corps.
---Extrait de « The Study », 1873.
Verset 3 (dernière proposition).---Nos maladies naturelles, notre grand Médecin, la parfaite santé qu’il produit en nous, et les fruits de cette santé.
Versets 3-5.---Les Hexaples de la miséricorde.
- Trois malédictions ôtées.
a. La culpabilité effacée.
b. La corruption guérie.
c. La destruction détournée.
- Trois bénédictions accordées.
a. Des faveurs capables de combler.
b. Des plaisirs qui peuvent rassasier.
c. Une vie qui ne peut jamais mourir.
Ou
-
Le pardon. (Ps 103.3)
-
La purification. (Ps 103.4)
-
La rédemption.
-
Le couronnement. (Ps 103.5)
-
L’abondance accordée.
-
La force renouvelée.
---W. Durban.
Verset 4 (première proposition).---La rédemption de la vie de David, arrachée à la destruction.
-
Sa vie de berger.
-
Sa vie militaire.
-
Sa vie de persécuté.
-
Sa vie royale.
-
Sa vie spirituelle.
---W. J.
Verset 4.---Qu’est-ce qui est racheté, et de quoi ? Qui sont les rachetés, et par qui ?
Verset 5.---
-
Un état singulier---le rassasiement.
-
Une provision singulière---de bonnes choses.
-
Un résultat singulier---la jeunesse renouvelée.
Verset 5.---« Rajeunissement. » Voir Ministry of Nature, de Macmillan, p. 321-347.
Verset 7.---
-
Dieu veut que les hommes le connaissent.
-
Il se révèle lui-même.
-
Il y a différents degrés dans la révélation.
-
Nous pouvons prier afin de mieux le connaître.
Verset 8.---
-
La miséricorde précisée : « Miséricordieux et compatissant. »
-
La miséricorde qualifiée : « Lent à la colère. » La miséricorde elle-même peut être irritée ; alors, combien cette colère est terrible !
-
La miséricorde amplifiée : « Riche en bonté. » « Il pardonne abondamment » ; et lui seul sait ce que signifie un pardon abondant.
---G. R.
Verset 9.---
- Ce que Dieu fera à son peuple. Il le reprendra parfois---il entrera en contestation avec lui.
a. De manière providentielle, par des épreuves extérieures.
b. Dans son expérience, par des combats intérieurs.
- Ce qu’il ne lui fera pas.
a. Il ne le reprendra pas continuellement dans cette vie.
b. Il ne le reprendra pas le moins du monde dans l’au-delà. « Les jours de son deuil prendront fin. »
---G. R.
Versets 11-13.---La hauteur, la longueur et la profondeur de l’amour divin.
Verset 12.---
---Voir « Spurgeon’s Sermons », nº 1 108 : « L’absolution plénière ».
Verset 12.---
- L’union sous-entendue. Entre l’homme et ses transgressions.
a. Juridiquement.
b. Réellement.
c. Dans son expérience.
d. Éternellement, si on les considère en eux-mêmes.
- La séparation accomplie.
a. Par qui ? « Il a », etc.
b. Comment ? Par son propre Fils, venu s’interposer entre le pécheur et ses péchés.
- La réunion rendue impossible. « Autant... est éloigné », etc. Quand l’orient et l’occident se rencontreront, alors seulement la réunion aura lieu. De même que les deux extrémités d’une ligne droite ne peuvent jamais se rencontrer et qu’on ne peut prolonger cette ligne sans les éloigner davantage l’une de l’autre, ainsi en sera-t-il toujours du pécheur pardonné et de ses péchés.
---G. R.
Versets 13-14.---
---Voir « Spurgeon’s Sermons », nº 941 : « La tendre compassion du Seigneur ».
Versets 13-14.---
-
Ceux dont Dieu a compassion : « ceux qui le craignent ».
-
Comment il en a compassion : « comme un père a compassion de ses enfants ».
-
Pourquoi il en a compassion : « car il connaît de quoi nous sommes formés ». Il a bien des raisons de le savoir, car c’est lui qui nous a formés ; et puisqu’il a lui-même fait l’homme de la poussière, « il se souvient que nous sommes poussière ».
---Matthew Henry.
Verset 14.---
-
La constitution de l’homme.
-
La sollicitude de Dieu.
---W. D.
Verset 15.---La carrière terrestre de l’homme. Son élévation, ses progrès, sa gloire, sa chute et son oubli.
Versets 15-18.---
- Ce qu’est l’homme lorsqu’il est livré à lui-même. « L’homme », etc.
a. Qu’est-il ici-bas ? Ses jours sont comme l’herbe, et sa gloire comme la fleur des champs.
b. Que devient-il dans l’au-delà ? Balayé par un vent desséchant, par le souffle de la colère divine---il n’est plus connu sur la terre, mais seulement dans la perdition.
- Ce que la miséricorde de Dieu fait pour lui.
a. Elle établit en sa faveur une alliance de grâce qui subsiste d’éternité en éternité.
b. Elle conclut avec lui une alliance de paix dans cette vie.
c. Elle lui donne une alliance de promesse pour l’éternité à venir.
- Qui sont les objets de cette miséricorde ?
a. Ceux qui craignent Dieu.
b. Ceux qui marchent sur les traces de leurs pieux ancêtres.
c. Ceux qui s’appuient sur la miséricorde de l’alliance.
d. Ceux qui sont fidèles aux engagements de l’alliance.
---G. R.
Verset 18.---L’alliance : sous quels rapports pouvons-nous la garder, dans quelles dispositions d’esprit doit-elle être gardée, et quelle est la preuve pratique que nous le faisons ?
Verset 19.---« Discours sur la souveraineté de Dieu. » Voir les œuvres de Charnock [édition de Nicol, vol. II, p. 400-499.]
Verset 19.---
-
La nature du trône.
-
L’étendue de la domination.
-
Le caractère du monarque.
-
La joie qui en résulte pour les sujets : « Bénissez l’Éternel. »
Verset 20.---Le service des anges, source d’instruction pour nous.
-
Leur force personnelle est remarquable. En tant que serviteurs de Dieu, nous devrions nous aussi veiller à notre santé et à notre vigueur spirituelles.
-
Leur obéissance est pratique ; ils ne se contentent pas de théories.
-
Ils sont attentifs dans leur travail, prêts à en apprendre davantage et demeurent en communion avec Dieu, qui leur parle personnellement.
-
Ils font tout dans un esprit de louange joyeuse, bénissant l’Éternel.
Versets 20-21.---
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Le centre de la louange : « Bénissez l’Éternel. » Toute louange trouve son centre en lui.
-
Le concert de louanges.
a. Les anges.
b. Les armées des rachetés.
c. Les ministres en particulier.
d. La création environnante.
- Le sommet de la louange : « Mon âme, bénis l’Éternel. » C’est ce qui a le plus grand droit à ma reconnaissance et à ma louange. Si vaste que soit le chœur, il ne sera pas parfait sans ma note de louange. Voici la note culminante : « Mon âme, bénis l’Éternel. »
---G. R.
Verset 21.---Qui sont les ministres de Dieu ? Quelle est leur tâche ? Accomplir son bon plaisir. Quelle est leur joie ? Bénir l’Éternel.
Versets 21-22.---Henry Melvill a prononcé un sermon remarquable sur « Le péril du guide spirituel ». On peut en saisir la pensée générale grâce à l’extrait que nous avons placé en note sur ce passage.
Verset 22.---
-
Le chœur.
-
L’écho.
---W. D.